Le cuivre - AnthropologieCulture et histoire

HUNWË de Guêlêdê pour la mémoire des déportés

HUNWË de Guêlêdê

Manifestation cultuelle de haute portée ancestrale, le Hunwê de Guêlêdê est un ensemble de cultes traditionnels initiés par la direction du Mausolée HAKHO pour la restitution de la mémoire des déportés et celle des anciennes figures emblématiques de la géographie Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö, aujourd’hui Bénin, Togo et le Nigéria. Il s’agit d’une série de rites programmés pour être célébrés autour des Masques Guêlêdê en tant que sculptures incarnant d’une part le portrait facial des déportés originaire de la communauté Yoruba et d’autre part, celui des anciennes figures emblématiques de l’histoire du peuple noir. En effet, du 21 au 24 octobre 2021, plusieurs figures emblématiques de l’histoire des communautés noires du monde seront vénérées et louées selon les coutumes d’usages.

 

Programme du HUNWE DE GUELEDE au Mausolée HAKHÔ/DANGBO OCTOBRE 2021

Journée du Jeudi 21 Octobre 2021

08h-12h : Aménagement des couvents, évocations et louanges des Masques Shango (vénérations dans l’intimité clanique et ethnique des anciennes figures emblématiques de l’histoire des communautés Shango)

12h-14h : Pause Café

14h-16h : Tourisme : « Route des esclaves, conditions de Trafic local des esclaves de 1515 à 1778 et dévastation des Royaumes Ké et Hun ».

16h-18h30 : Conférence débat, Thème : Rapport entre mémoires de l’esclavage, signes raciaux et les masques Guêlêdê dans l’aire cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Oyo (Dahomey-Bénin) lieu : Mausolée HAKHÔ, salles d’exposition Laurent Valère et Jean-Pierre Toussaint / Dangbo, Mondotokpa, Rue Dangbo-Akpamè, Derrière résidence l’artiste Aloë-super. Tél : +229 99 53 43 53 / 52 73 54 72 / 97 86 98 59

Journée du Vendredi 22 Octobre 2021

07h45-08h45 : Arrivée et installation des participants

09h00-11h00 : Exposition, histoire généalogique et visite guidées sur des Masques

11h00-13h00 : Exposition et description sur les différentes parties et les autres de Guêlêdê

13h00-14h30 : Pause-café

14h30-16h00 : Initiation au culte de Guêlêdê (connexion avec l’esprit des ancêtres et apparition de la divinité Aguê)

16h30-18h30 : Conférence Débat Thème : Rapport entre culte Guêlêdê, Shango ou Xêfiosso et Egun-gun dans l’intimité clanique Yoruba, Hun, Adja et Ké

Journée du Samedi 23 Octobre 2021

09h00-10h00 : Cultes, présentations des offrandes et Adorations aux mânes des ancêtres pour hommage aux anciens initiés et figures emblématiques des traditions (Yoruba, Ké, Hun et Adja), déportés par esclavages et dont les visages sculptés ont été préservés jusqu’à nos jours.

10h15-12h00 : Expositions et études biographique et Anthropologiques des masques de la sous régions Ouest africaines suivi de la projection des Masques Zaouli du Mali et du Burkina-Faso

12h00-14h20 : Pause-café

14h30-17h00 : Cérémonie des couleurs, la monté du drapeau de la résistance noires par la divinité Zangbétö Adanmanyï de Dangbo suivi des cultes d’adoration et de démonstration de pouvoirs magiques

17h00-18h00 : Culte d’enlèvement de deuil dans l’intimité clanique Shango pour des anciens déportés de la famille Odoudoua assassinés (suicides volontaire ou autres) par des esclavagistes

19h00-21h00: Projection Cinématographique sur la vie et l’œuvre de l’ancêtre Bookman Dutty

Journée du Dimanche 24 Octobre 2021

07h30-08h00 : Arrivée et installation des reines-mères, patriarches, chefs de cultes et autres

08h00-11h00 : Formation des participants et intervenants sur la cuisine du met sacré Ayibôbô ou Hunbôbô (Zankpiti)

11h00-11h30 : Présentations des offrandes aux Masques

11h30-13h30 : Pause-café, Cocktail & Dégustation du Zankpiti ou Ayibôbo dans l’intimité cultuelle Yoruba, Adja, Ké et Hun. NB : des participants doivent s’adapter aux conditions de se mettre à table suivant des règles coutumières (assiette = feuille de bananier et fourchette = main)

13h30-14h00 : • Discours du Coordonnateur du Projet Hunwê de Guêlêdê son Excellence Monsieur Fassinou Yinjla. • Discours du Directeur de Mausolée Historique Adja-Tado, Ké, Hun et Ôyô

14h15-15h00 : Culte de Sortie des Guêlêdê

15h00-15h30 : Photographie & interviews 15h30-18h00 : Sortie de la forêt des Masques, Danse, adorations

19h00 : Fin de la journée et clôture de Hunwê Guêlêdê 2021

des loisirs - Tourisme

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Aguégués cité lacustre de résistance historique à l'esclavageCulture et histoire

Dahomey : Résistance à l’esclavage et à l’arrachement

RESISTANCE A L’ESCLAVAGE AU DAHOMEY : DE LA RECHERCHE A LA DECOUVERTE D’UN DES ROYAUMES LES PLUS PUISSANTS CONTRE L’ARRACHEMENT DANS L’AIRE CULTUELLE ADJA-TADO, KE, HUN ET ÖYÖ.

Cet article a été rédigé à partir de plusieurs sources de la tradition orale, laquelle se transmet de génération en génération concernant les faits importants de l’histoire de cette région. Citons en particulier Avocê Adawoun, adepte du culte de Sakpata et porteur de la mémoire des déportés sur le corps, et Yaïtcha Lochun, initiée d’Orischa Shango, trésorière du Couvent DAH AYIDJI, prêtresse ou Iya des couvents Xëfiosso de wémè.

Les récits traditionnels font remonter très loin dans le temps l’invasion des 2/3 de l’aire cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö (territoire aujourd’hui à cheval sur le Nigéria, le Bénin, le Togo et le Ghana) pour le trafic d’Êtres humains. Elles identifient rapidement les Européens faisant commerce de l’esclavage à côté de leurs auxiliaires c’est-à-dire d’anciens captifs. Leur nombre semblait conséquent au point de constituer une « armée esclavagiste » aux côtés des maîtres. Auparavant, cette région cultuelle et culturelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö (AKHÖ), se définissait, bien avant le XIIIe siècle, par l’ensemble des territoires souverains occupés par des communautés riveraines qui cohabitaient sur les côtes de l’océan Atlantique à hauteur du Golfe de Guinée jusqu’à la pleine de Bornou vers le Nord.

Cité lacustre, royaume de résistance à l'esclavage et à l'arrachement

Les récits traditionnels ainsi que l’étude des premiers masques Guêlêdê consacrés aux cultes des ancêtres en Afrique de l’Ouest, tendent à démontrer que la superficie de terre morcelée et répartie plus tard entre les Etats coloniaux à savoir : Ilorin (Awonlin ou Nigéria), l’Oba-Dan (Oba-Danxomey, Danxomey ou le Bénin) et Togoin (Togo Français et le Togo Allemand “Ghana“), appartenaient tous à l’aire cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö.  Comme communautés autochtones, on y rencontre : des Kpélé, Peulhs, Bété, Dyula, Gourmantché, des Tchankponnon ou So, Akan, éwé, Edo, Haoussa, Kanuri, Igbo ou Ibo, Béti, Shango, Shara ou Sara, Ogun ou Hun, Fanti, Nago et surtout des Yoruba. Chacun de ces peuples vivait au-dessous d’une gouvernance fédérale dotée d’un pouvoir intergénérationnel et décentralisé.

Le pouvoir étant traditionnel, il est siégé sur des principes coutumiers qui régissent le rapport entre les morts et leurs descendants. A la mort d’un roi, son successeur est connu sur l’avis des ancêtres après consultation du Fâ. Ce dernier est consacré « Oba » par un conseil clanique ou ethnique après une durée d’internement de quatre-vingt-dix (90) jours décrétés pour des préliminaires initiatiques. « Oba » désigne le plus haut souverain d’une communauté traditionnelle Yoruba. Quant à la structuration d’un conseil royal, elle est composée obligatoirement des reines-mères, des patriarches et surtout des Do ou Dâ. On appelle Edo, Do ou Dâ, des hauts dignitaires qui détiennent une partie des savoirs endogènes et des secrets mystiques les plus intimes qui constituent les valeurs cardinales d’une ethnie, d’un clan ou d’une principauté et par extension d’une royauté. On désigne également des rois par l’expression Dâdâ c’est-à-dire le représentant des plusieurs Dâ ou Edo. Les Dâ étant des détenteurs de pouvoirs mystiques d’un royaume, les clauses du bien-être social défendent toute rencontre ou tout échange diurne qui pourrait survenir entre eux et des rois siégeant aux trônes.

Pour une meilleure lecture du journal des arrachements et des déportations en Afrique de l’Ouest, partons à la découverte d’un des royaumes côtiers de l’aire cultuelle et traditionnelle Oba-Dan lequel s’est révélé particulièrement redoutable entre le XVIe et le XVIIIe siècle face aux attaques esclavagistes : Le royaume des « So ».

 

cité lacustre des Aguégués histoire de la résistance à l'esclavage

Territoire princier et inviolable des Dankönou (Dankö), des Togbo-vavi ou des Va-gödjinou ou encore des Togbo-avavinou (Togbota), l’actuel royaume des So et ses contrées lacustres, s’appelaient généralement « agege » soit le surnom d’une ancienne principauté d’Ilorin (Awonlin ou Nigéria). Principauté économiquement autonome, la péninsule princière de « agégé » s’était rendue alors très attrayante grâce à son grand potentiel halieutique. Elle atteint son apogée vers la deuxième moitié du XIVe siècle avant que n’arrivent les guerres de razzias qui deviendront très récurrentes sur l’ensemble des côtes du Golfe de Guinée. Pourchassés par des esclavagistes portugais, plusieurs vagues de princes venus de sept royaumes voisins ont cherché refuge dans la péninsule des agégé où ils formeront un seul royaume appelé So qui signifie « fusil » ou « arme à feu » ou encore « l’arme de Shango Xêfiosso ». Il s’agit d’un groupement militaire formé par des royaumes et empires envahis à savoir : des Dankönou, des Djéviénou, des Djigbénou, des Togbotanou, des Ikpokianou ou Kénou, des Wémènou et des Akpa-kpanou. La défense du territoire et des personnes contre les razzias étant les objectifs principaux, ils se sont fédérés par alliances autour des pouvoirs de résistances divines à savoir :

  • Ahouangou et Shango pour des Djigbénou,
  • Sogbo et Kpassingbo pour des Djéviénou
  • Va pour des Dankönou
  • Houéssiö pour des Ikpokianou ou des Kénou
  • Toxossou et Kpodjêagongo pour des Wémènou
  • Liali et Dan pour des Dankönou
  • Togboava et Kpodjêagongo pour des Togbotanou.

C’est un tournant dans l’histoire des cultes et de la philosophie vodoun. Les couvents vodoun se sont militarisés par la force des choses. En effet, avant d’être un moyen de résistance et de lutte, avant l’invasion et les captures massives et les déportations en esclavage, le vodoun n’était pas à vocation militaire. Ces cultes s’assimilaient bien à une philosophie de vie, à une interface pour comprendre le monde des vivants et des morts. C’est ce qui explique d’ailleurs le retard dans les résistances des populations africaines de l’aire cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö.

Désormais la formation des jeunes adeptes ou des amazones était communautaire avec un délai obligatoire de 18 mois soit une année traditionnelle pour des adeptes de Dan et 54 mois soit trois années traditionnelles pour des Sakpatassi. L’usage des armes à feu, excepté ; la plupart des disciplines enseignées dans les couvents vodoun de l’aire cultuelles et royales Adja-Tado, Ké, Hun et öyö étaient comparables à un grand nombre d’entraînements au combat dans des « camps militaires » et aux matières enseignées dans les « écoles coloniales ». Il s’agit de :

  • La natation (la science d’une vie aquatique)
  • Le Fâ (la science du passé, du présent et de l’avenir)
  • La chasse à main levée (courir après des animaux de brousse jusqu’à les capturer vivant peu importe leur nature venimeuse ou sanguinaire
  • L’endurance : (elle sert à faire le tour d’un arbre en petit foulée pendant une demi-journée)
  • Le sport (acrobaties, la vitesse et les dribles)
  • La botanique
  • L’accouchement
  • La médicine
  • La pêche
  • L’invisibilité (mystique)
  • La danse
  • L’histoire
  • La géographique
  • La géométrie
  • La lecture cyclique à travers la voix des animaux

Quant à l’agriculture, elle demeure une discipline obligatoire et vitale d’où elle occupe une première sur la liste des cultes natalistes en l’occurrence l’ensemble des rites qui sont célébrés pour permettre l’inscription d’un nouveau-né dans le cercle de sa famille d’accueil.

Bateau - Nautique

Dorénavant terre cosmopolite de plusieurs chefferies, ces îles connues sous l’appellation Agégé perdirent leurs potentialités halieutiques et économiques au profit des îles militaires encore appelées  « cités armées » des royaumes autochtones de l’aire cultuelle et Royale d’Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö. A en croire des patrimoines secrets et sacrés encore disponibles dans les Mausolées des divinités Sogbo aux Agégé et celui Ahouangou sise à Djigbé : il était de plus en plus difficile de rester sur la terre ferme pour combattre des envahisseurs supérieurement armés. Les forces vives de toutes les royautés persécutées ont pris la résolution de fusionner. Sans atteindre l’apogée et sans l’obtention des accords de protectorat, plusieurs royaumes du district Oba-Dan ont trouvé refuge sur les îles des Agégé sous couvert de l’autorité royale d’un brave et puissant souverain qui est devenu très célèbre sous le nom « Linzé I » ou encore « So-Holou Linzé 1er ». Connu pour ses nombreuses victoires contre des troupes esclavagistes, il parvint à garantir la sécurité et la paix aux principautés hospitalières en érigeant des barrières militaires au long du fleuve wémè (Ouémé long (512 km), empêchant ainsi la traversée des captifs qui se faisait par des bateaux de petites tonnes. La permanence était de 7 à 16 jours et était assurée par des adeptes vodoun ; notamment ceux qui sont admis à l’étape de transes, ce qui facilitait leur invulnérabilité face aux attaques ennemies.

Les compagnies britanniques ou portugaises qui occupaient abusivement les côtes de la lagune de Bada-agri (Porto-Novo) ont dû revoir leur stratégie de razzias face à l’imperturbable Linzé Ier. Pour certifier la supériorité de l’armée souveraine ou locale au-dessus des marchands armés anglais, le roi Linzé créa vers 1715 une armée de patrouille fluviale qu’il baptisa Achti c’est-à-dire « tu es éteint ». Il s’agit d’une troupe d’adeptes en transe qui monte la garde, tous armés de pagaies ou javelots mystiques au bout tranchant et venimeux ; et qui parcourait sans arrêt le fleuve wémè (Ouémé) à bord d’un canot équipé de tambours, des gongs et des tambouristes qui battaient et qui chantaient des mélodies cultuelles pour faire perdurer les moments de transes chez des adeptes au profit d’une longue durée d’invulnérabilité. Des mémoires immatérielles les plus marquantes de l’histoire de So-Holou c’est-à-dire le roi Linzé Ier on retient l’hymne de cette armée fluviale qui est intitulé « Sabada ï kou bör danxomê dan » et dont le texte raconte que la mort du négociant Saba-Do-Santos a été une tragédie pour la ville comptoir d’Agbomê (Abomey-Danxomey).

Tourisme - des loisirs

La petite histoire : à maintes reprises des négociants étaient capturés vivants et leurs armes étaient arrachées par des adeptes ou des soldats souverains et autochtones. C’est ce qui a permis d’ailleurs la fondation des camps militaires à savoir :

  • SO-TCHIANXOUE = La maison où les armes arrachées sont conservées
  • SO-ZOUNKÖ = Des armes arrachées sont devenues ou se sont transformées en sable après plusieurs années de rouilles ou de corrosion.
  • SO-Manyi = La citée défendue par toute pénétration armée
  • SO-Yiava = Des armes à feu ont été ensevelies ou cachées

On appelle désormais le royaume des Aguégués, l’île des résistances ou communément “So-Holou To’’. Des européens vont s’imposer plus tard, mais avant d’y arriver, il leur faudra plus de 50 ans, période après laquelle d’anciens captifs noirs au service des négociants aideront leurs maîtres à prendre des dispositions suicidaires contre l’invulnérabilité des adeptes souverains. C’est à partir de ce moment que des attaques ennemies ont été orientées contre des mausolées vodoun etc.

Carnaval - Rituel

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Diriger - Front

Houéda : origine et rapport avec le python

Les Houéda sont des Yoruba d’origine Nago. On les appelle Houéda en Fon ou Asia en Yoruba compte tenu du caractère sacré et de la fonction précieuse de leur ethnie parmi tant d’autres dans l’aire cultuelle et culturelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö.

Houéda serpent python culte vodouisant ouidah

Origine et sens du mot Houéda

Le terme Houéda vient de Houé (maison) et Da (cheveux). Littéralement Houéda signifie « dignité cultuelle d’une maison » ou de façon plus populaire on peut dire « coiffure d’une maison » qui est l’emblème de la prospérité. C’est une transcription linguistique du mot Asia ou Sia en Yoruba qui signifie « drapeau » en langue française. Mais de quel drapeau s’agit-il ?

Entre le XIIIe et le XIVe siècle, les Houéda ou Sia se distinguaient dans la communauté Yoruba grâce aux alliances cultuelles infaillibles qu’ils entretenaient avec leur ancêtre légendaire : le Python aussi appelé Dan ou Dangbé. Houéda (Asia/Sia) est donc le drapeau de Dan. Sa forme est rectangulaire, il ne comporte aucun motif ni dessin, et sa couleur est le blanc. Ajoutons que chaque communauté d’adeptes porte le drapeau de sa divinité, comme celui de Shango chez les Djigbénou ci-dessous.

montée du drapeau shango à Djigbé bénin
Drapeau de Shango

De ce principe, il résulte un interdit ethnique chez les Houéda qui défend à toute descendance de porter atteinte d’une manière générale à la vie des serpents et à l’inverse aucun serpent quelle que soit son espèce ne doit pas mordre la descendance des Houéda. D’autres sources postérieures, à savoir les carnets de voyageurs, désignent les Houéda par des expressions telles que Juda (en portugais), Ouidah (en français), Whydah (en anglais), Whidaw (en néerlandais) par abus ou par déformations phonétiques.

De l'art - Sculpture sur pierre
Alliance ancestrale avec Dan, fresque murale du mausolée AKHÖ

Sens, contenu et fonction du signe racial des Houéda

Le sens de toute scarification raciale est identitaire, thérapeutique et intime pour chaque communauté dans l’aire cultuelle et culturelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö. En général chaque scarification répond avant tout à une identité ethnique ou clanique. On distingue plusieurs types de scarifications à savoir :

  • des scarifications cultuelles, ataviques et purement raciales
  • des scarifications endogènes et cultuelles
  • des scarifications cultuelles et princières

Bénin - Marques tribales Yoruba

Des scarifications cultuelles, ataviques et purement raciales

Il s’agit de la plupart des incisions légèrement imprimées sur le visage des enfants ayant entre la tranche de 3 à 5 ans en guise de vaccination contre une maladie héréditaire, laquelle aurait affecté dans des années antérieures d’une population au départ de sa croissance démographique dans les premières années de sa fondation. Elles sont dites cultuelles compte tenu des clauses de fidélités et des rites d’intimités qui régissent le rapport d’alliance entre le savant découvreur de ce vaccin et son génie tutélaire ou son esprit assistant. Les scarifications raciales sont encore plus anciennes et se pratiquent très souvent devant des mausolées ethniques sur le visage d’un bébé avec l’impression d’un ou plusieurs signes légendaires de l’ethnie sur le corps. Il s’agit par exemple des Aguë, des Hwë, Hou, et des Obo ou des Ibo.

Carnaval - Tourisme

Des scarifications endogènes et cultuelles

Les scarifications sont dites endogènes et cultuelles lorsqu’elles ont un rapport caractéristique entre d’une part une divinité et d’autre part une ethnie, un clan ou une collectivité. Il s’agit majoritairement d’incisions identitaires d’ordre cultuel qui servent à distinguer des adeptes d’une des seize divinités maîtresses de l’aire cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö à savoir (Lêgba, Xêfiosso, Odoudoua, Sakpata, Ogou, Dan, Kinninssi, Yalodé, Yémanja, Obo, Azon, Ohwin, Ofo, Abikou, Ahoho et Toxossou). Les scarifications endogènes et cultuelles ont une vertu protectrice à double fonction : La sécurité sociale et morale et la sécurité sanitaire. Les porteurs des scarifications endogènes et cultuelles sont très souvent des militaires c’est-à-dire des hommes, femmes et des enfants dotés d’un pouvoir d’auto-défense. Ils appartenaient très souvent à une troupe de guerriers souverains lesquels au service des rois assuraient la protection des limites du royaume, la protection des personnes et des biens contre des envahisseurs.

procession houéda scarifications ancestrales dan python ouidah bénin dahomey

Des scarifications cultuelles et princières

Réservées spécialement aux princes et princesses, elles permettent de distinguer la descendance d’une famille royale de celle des autres clans afin de limiter des dégâts liés aux mariages germains et l’apparition des crises inter-royales lesquelles pourraient engendrer des guerres entre des royaumes voisins. Des scarifications princières sont dites cultuelles pour d’autres raisons liées aux cultes des morts qui sont célébrés à l’occasion de leurs impressions sur le visage d’un prince nouvellement né tout comme elles servent à prévenir des dégâts liés au statut polygamique des rois et des princes dans les anciennes sociétés.

houéda bénin dahomey ouidah tradition dan serpent

La particularité de la scarification Houéda

La particularité chez les Houéda c’est qu’elle assure une fonction protectrice contre l’attaque des esprits vampiriques, contre des maladies héréditaires et pour finir contre l’attaque des reptiles de toute sorte. A l’origine, les Houéda vivaient de la chasse, de l’agriculture et surtout de la médecine traditionnelle, un savoir qui leur a conféré jusqu’à aujourd’hui une très haute estime de la part des autres communautés traditionnelles. Entre le XIIIe et le XIVe siècles, les Houéda auraient été l’une des communautés les plus peuplées du Sud-ouest de l’aire Cultuelle et Culturelle AKHÖ. Compte tenu des besoins chroniques de l’époque et des moyens d’échange les plus pratiqués, on peut distinguer un facteur d’expansion démographique par don de fille en mariage dans le cas où il était nécessaire d’exprimer une profonde gratitude. Ce mariage donnait au clan bénéficiaire une occasion de voir sa population croître. La scarification des Houéda qu’on appelle encore les Dangbéklounon est de type 2 x 5 soit 10 segments verticaux répartis deux à deux avec une paire inscrite sur les différentes parties du visage à savoir : le front, les joues, le menton et 1 x 1 inscrit contre une partie de la joue proche de l’oreille. En ce qui concerne les obstacles pour la croissance démographique, il est à noter que l’ethnie Houéda a été l’une des plus dévastées par l’esclavage transatlantique à partir du XVIe dans l’aire AKHÖ. Avec le temps, les missionnaires catholiques venus d’Europe ont construit des édifices religieux, parfois juste en face des mausolées de cette ethnie sis à Houéda (Ouidah), à Hongbonou (Porto-Novo) et dans d’autres villes cosmopolites de l’ex-Obadanxomey (Danxomey), devenu plus tard le Bénin.

Avec la déportation de centaines de milliers d’Africains vers les Antilles et les Amériques, certaines coutumes ont pu reprendre, au moins un temps, même sous le joug de l’esclavage. Ainsi, l’étonnant compte-rendu de l’abbé Goux, curé du Carbet (Martinique) pourrait très bien évoquer la coutume de l’étendard ou du drapeau de divinités africaines dans les années 1820-1840 :

« Ces fêtes ont été très bruyantes, très brillantes, et se prolongeaient très avant dans la nuit. Les esclaves y étalaient tout le luxe dont ils étaient capables ; luxe auquel les maîtres contribuaient, en prêtant aux esclaves, bons sujets, leurs montres, chaînes, boutons, boucles d’oreilles, et quelques fois des robes de soie. Chaque tribu africaine avait son pavillon que portait la reine du Bal ; chacune avait sa danse particulière qui semblait n’avoir pas d’ordre, qui cependant était régulière en son genre. Outre ces danses, il y avait aussi des espèces de Baladins qui faisaient des tours de force surprenants ; c’était à qui ferait les sauts les plus périlleux ; j’en ai vu qui, étant debout, se lançaient, les pieds en l’air, et qui retombaient debout, derrière la place qu’ils occupaient. Ce tour de force se voit rarement en France ; d’autres nègres marchaient sur leurs mains, les pieds en l’air ».

 

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rituel cultuel initiation des nouveaux-nés à l'agriculture au DahomeyCulture et histoire

Rituel d’initiation des nouveau-nés à l’agriculture

Quelle place l’agriculture occupe-t-elle dans la tradition africaine ?

Assurément, une place très importante car elle est étroitement liée aux cultes.

En quoi les nouveaux-nés sont-ils concernés par cette tradition ancestrale ?

Prenons l’exemple des cultes endogènes qui sont pratiqués depuis des siècles dans la région « AKHÖ » (Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö). Cette aire géographique recouvre une partie de quatre Etats issus de la colonisation de l’Afrique de l’Ouest à savoir le Nigéria, le Bénin, le Togo et une infime partie du Ghana. Elle est le berceau cosmopolite des premières traditions ancestrales qui visaient à assurer la longévité des humains et de la nature environnante.

Parmi ces cultes fondamentaux figurent : la tradition d’inscription de tout nouveau-né au cercle de sa famille d’accueil et les rites d’initiation qui ont pour objectif de placer l’enfant sous les meilleurs auspices pour ses futures performances professionnelles dans le domaine de l’agriculture, toujours selon les croyances ancestrales encore en vigueur dans l’aire cultuelle et culturelle « AKHÖ ».

Famille - Abdomen

En tant que membres du conseil familial d’une collectivité ou d’un clan, ce sont les reines mères et les patriarches de la branche paternelle de l’enfant, qui sont les garants et les dépositaires de ce rituel. Ils le perpétuent en vue de faciliter l’existence du nourrisson dans son nouveau monde, c’est-à-dire sa vie sur Terre. Considérant que tout nouveau-né est un descendant d’un ou de plusieurs ancêtres fondateurs de sa famille d’accueil, les traditions primitives prescrivent des soins obligatoires à lui administrer par les membres les plus âgés de sa famille paternelle.

TRADITION FAMILLE ENFANT INITIATION Agriculture DAHOMEY

A compter du jour de l’accouchement, toute mère d’un bébé est soumise à l’obéissance de principes élémentaires qui régissent le rapport entre les ancêtres de sa belle-famille et son enfant. La raison est d’ordre sanitaire, par crainte de possibles conséquences des maladies qui pourraient survenir au cours de la vie de l’enfant en cas de transgression. La durée réglementaire pour l’ensemble de ces rites varie en fonction du sexe de l’enfant : sept jours pour les filles et neuf jours pour les garçons. Il s’agit d’une période au cours de laquelle la nouvelle mère ne doit manger aucun aliment salé ou pimenté par exemple. De même, elle n’a pas le droit de sortir de la maison pour être vue à l’extérieur par des personnes étrangères, notamment par des gens avec lesquels elle aurait eu un conflit non résolu au cours de sa grossesse jusqu’au jour de son accouchement. Ce sont là quelques mesures à respecter pour éviter tout préjudice sur la vie de l’enfant.

Communauté - des loisirs

Sur la liste des précautions à prendre, il est défendu à une nouvelle mère d’observer le ciel au cours des soirées et cela tout au long de séjours dans la maison pendant phase d’isolement parce qu’elle pourrait croiser la sortie d’une nouvelle lune, laquelle peut être source de malédiction pour son bébé. A propos de cet interdit, plusieurs traditions de l’aire cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö s’accordent sur le fait que certaines nouvelles lunes sont porteuses de malédictions tant pour les femmes en couche que pour celles en état de menstruation. La tradition préconise ces mesures à cause de l’affaiblissement des pouvoirs protecteurs de la mère sur son enfant en cas d’attaque d’une force maléfique.

des loisirs - Loisirs

La fin de cette période d’isolement maternel est marquée par des coutumes qui sont célébrées dans l’intimité ancestrale par les reines-mères et les patriarches qui consistent à offrir les premiers mets à l’enfant. C’est à cette occasion que se célèbre le culte d’initiation du nouveau-né à l’agriculture, à travers rites et offrandes adressées aux divinités agronomes à savoir : Sakpata, Xêfiosso et autres. A la fin, la nouvelle mère sous l’inspection des membres du conseil familial doit labourer le champ et semer des graines de maïs et de haricot avant de retourner à la maison avec des fagots de bois et des racines de plantes ainsi que des feuilles à préparer en guise de tisane pour son bien-être et celui de son nouveau-né.

Graminées - Agriculture

Ensemble, les rites d’inscription d’un nouveau-né dans le cercle de la famille se veulent être un système de prévention endogène contre des blocages et d’autres difficultés liées aux maladies héréditaires, là où les cultes d’initiation des nouveau-nés à l’agriculture sont nécessaires pour faciliter l’alliance entre les divinités de production agricole et tout nouveau-né au profit d’un rendement croissant tout au long de la vie agronomique de ce dernier.

Plante - L'eau

Sol - Plante

L’exemple de la région AKHÖ nous aide à comprendre que ce sont ces dispositions basées sur la foi des adeptes qui sont à l’origine des remarquables capacités agronomiques chez les natifs d’Afrique. L’agriculture constitutive du culte endogène est un mécanisme sociétal que partagent encore des milliers d’habitants de cette grande région cosmopolite. Ils font société autour de ces principes, comme le faisaient leurs ancêtres avant eux. Par ailleurs, ces capacités à labourer, à défricher et à cultiver sous un climat chaud n’est-il pas aussi l’une des motivations esclavagistes portées sur la qualité des captifs en provenance du Dahomey sur la « côte des esclaves » ?

De même, ces règles vitales, reconnues par le plus grand nombre et inculquées depuis la plus tendre enfance, ont guidé les Africains déportés dans différentes régions des Antilles et des Amériques. Ces principes ont jeté les bases de nouvelles sociétés tournées vers l’agriculture.

Remerciements aux contributeurs : Yinjla FASSINOU, Mathieu DJIVOESSOUN, Agbannon DOSSA, et tous nos amis martiniquais et guadeloupéens partenaires de longue date

Reptiles - Serpents rois

Cheveux longs / M - Arbre
rituel nouveau né 12
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Symbole de l'amitié - BéninCulture et histoire

Fête internationale des religions endogènes au Bénin

La fête internationale des religions endogènes au Bénin s’approche

Le groupe universitaire de recherche en histoire et culture au Bénin en coopération avec l’administration du Mausolée Historique Adja-Tado, Ke, Hun et Oyõ lancent un appel aux scientifiques, aux anthropologues, chercheurs, philosophes, théologiens internationaux, etc. pour une réflexion pluridisciplinaire à l’occasion de cette célébration annuelle.

Institutionnalisée par le gouvernement béninois pour être célébrée tous les 10 janvier depuis 1992, la fête internationale du vodoun se veut être le mécanisme d’une révolution spirituelle encore inconnue du monde moderne grâce à ses dimensions universelles, thérapeutiques et surtout métaphysiques.

Participer à cette fête aux côtés des royaumes traditionnels de l’aire culturelle et cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Oyö permettra une meilleure connaissance des cultes qui ont développé une grande résistance au cours de la période de l’esclavage. Ce sera une nouvelle occasion d’approfondir les buts fondamentaux qui font s’enraciner leurs croyances dans le quotidien des communautés de l’Afrique Noire.

Du 7 au 10 janvier 2020

Le groupe universitaire de recherche en histoire et culture au Bénin en coopération avec l’administration du Mausolée Historique Adja-Tado, Ke, Hun et Oyõ propose :

  • une opportunité pédagogique au monde scientifique. Echanges avec des savants africains et fouilles archéologiques sont prévus dans des hauts lieux secrets africains où dort encore la mémoire des africains esclavagisés
  • un programme haut en couleur pour les nombreux touristes qui visitent le Bénin chaque année.

Pour une meilleure lisibilité sur l’origine des cultes impliqués dans la résistance à l’esclavage en Afrique et aux Amériques, le comité d’organisation a choisi la commune des Aguégués, au cœur de « So », l’un des plus puissants royaumes de résistance au Dahomey. So est le berceau de la cité lacustre des Guêdëvié encore appelée Ganvié.

Aspects théoriques et pratiques

Il s’agira de montrer au monde entier :

  • l’origine clanique et ésotérique des divinités endogènes de l’Afrique de l’Ouest. Ces divinités ont été introduites aux Antilles et aux Amériques par les adeptes au cours de leurs arrachement et de leur déportation en esclavage
  • les lieux de cultes afin de favoriser de nos jours le statut touristique des anciennes villes comptoirs du BÉNIN telles que Ouidah, Porto-Novo, Abomey et Allada.

Il est très important de connaître par exemple l’origine clanique des divinités telles que:

  • BOSSIKPON, patrimoine ésotérique des Annanouvi de Djigbé-Dokon sis à Djigbé dans la Commune de Dangbo département de l’Ouémé
  • NINSOU, patrimoine clanique des Man-dogon originaires du Mali et résidents dans la vallée de l’Ouémé
  • TOXOSSOU, roi des eaux, patrimoine clanique et ésotérique des wémènou originaire d’Oyö et autochtones de la vallée de l’Ouémé depuis le 13e siècle
  • TCHANGO ou Dieu de xêfiosso, culte clanique et ésotérique des Sokonnou, originaire d’Oyo
  • SAKPATA, patrimoine tribal du peuple noir depuis l’Égypte
  • VÂ, divinité de guerre et de résistance, patrimoine ésotérique et clanique des Si
  • LÊGBA, divinité endogène

Cette édition 2020 aura lieu dans la vallée de l’Ouémé. Elle est organisée par le Groupe Universitaire de Recherche en Histoire et Culture au Bénin en coopération avec l’administration du Mausolée Historique Adja-Tado, Ke, Hun et Oyõ. Les participants auront droit à une étape de lecture publique de plusieurs de noms des personnes déportées qui sont imprimées sur le corps des adeptes du cultes vodoun.

C’est donc une occasion à ne rater sous aucun prétexte.

Soyez donc les bienvenus.
Vive le vodoun !
Et que vive la mémoire des personnes déportées !

☆Renseignements

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  • bernardos87@live.fr

Pour des questions liées à l’hébergement, plus de doute.
Le comité d’organisation met en place une politique de logement à proximité, accompagné de deux moyens de transports dont un fluvial et l’autre terrestre.

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Les descendants de Shango Odoudoua célèbrent leurs retrouvailles

Origines de la rencontre

Les collectivités claniques des ’’Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié’’ du Bénin, du Togo en coopération avec des patriarches de leurs origines lointaines depuis la République Fédérale du Nigéria s’apprêtent à célébrer leurs retrouvailles.

Il s’agit des suites favorables d’un projet de recherche scientifique et de fouilles archéologiques initiés par le Groupe Universitaire de recherche en Histoire et culture du Bénin (ONG SYMBOLE DE L’AMITIE) en Août 2014 sur la généalogie de l’esclave “Djigbénou“, l’un des descendants de ce clan parti en esclavage.

Grâce à ce projet de recherche, qui a motivé il y a 4 ans des patriarches consultés au sujet de l’ancêtre Djigbénou esclavagisé, des descendants de Shango Odoudoua d’Oyö et d’Ilé-Ifê poursuivent eux-mêmes la construction de l’arbre généalogique et l’histoire de leurs ancêtres éparpillés dans le reste monde et dans toutes l’Afrique de l’Ouest en particulier.

Thème des retrouvailles

En effet, du 30 Août au 02 Septembre 2018, des filles, fils et sympathisants des Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié du Bénin, du Togo et ceux de la république Fédérale du Nigéria se sont donnés rendez-vous pour leurs grandes retrouvailles. Selon Etienne SOTON, président du comité de pilotage provisoire de cette rencontre inter-clanique le thème retenu pour cette première édition est intitulé : « Djigbé-Sokonnou-Agbalinou-Agaïtö-Guêdêvié, sois fier de tes origines claniques ».

Notons que cette fête aura lieu au Bénin, précisément dans l’enceinte du stade municipal de Dangbo. Et c’est dans le souci de rendre un vibrant hommage aux ancêtres fondateurs et aux dieux protecteurs de ce clan que le comité d’organisation a retenu un tissu spécial sur lequel on distingue la légende imprimée de la divinité Shango (Xêfiosso) comme image principale.

Quelques notions de culture et d’histoire

A l’exemple des autres clans originaires d’Ilé-Ifè (l’une des anciennes provinces d’Oyö), des ’’Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié’’ font partie des migrants qui ont participé à la croissance démographique du sud d’Oba-danhomey (Dahomey) entre le XIII-XVe siècles.

Proche de la lignée des Ibos, on distingue les ’’Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié’’ par leur taille moyenne très souvent au-dessus d’un mètre soixante-dix et surtout par leur attachement aux cultes des ancêtres ; ce dernier caractère qui a valu à leur tribu au Dahomey le surnom de Hunnou ou Hun. En langue Gun, Fon, Tori, Toffin, Mina et Xla du Bénin et du Togo le mot (Hunnou) a pour radical (Hun) qui signifie : Vodoun, libation, sacrifice et adoration. Notons qu’à leur clan appartiennent également les collectivités des Sëtönou et des Alaïvinou du Dahomey (Bénin), ceux-là mêmes qui font la fierté de la cité historique de Ouidah en matière de cultes endogènes.

Grands maîtres de cultes, les descendants de la collectivité clanique des ’’Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié’’ ont joué un rôle prépondérant dans les civilisations religieuses qui ont dominé le statut traditionnel de l’ex-aire culturelle et cultuelle Adja-Tado, Ké, Hun et Oyö, aujourd’hui (Bénin, Togo et Nigéria) notamment du XVI au XIXe siècles. Au-dessous la plupart des royaumes traditionnels du Togo, Bénin et du Nigéria, ils constituent la majorité des membres du conseil des chefferies traditionnelles avec une fonction de distinction, d’admission au couvent, d’intronisation et de sécurisation du pouvoir royal. Après ces longues années de turbulence, le moment est donc venu pour les descendants des ’’Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié’’ de se reconstituer en une seule famille pour la relève des grands défis.

Ainsi durant quatre jours, les filles, fils et sympathisants de ce clan vont se rassembler autour de leur histoire et culture. Au programme, des prières, des hommages, des chants, des danses et des conférences débats.

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Culte des ancêtres déportés en esclavage : le cas de Toula

La famille TOULA ANANLOME du royaume de Togbota, apaise l’âme de leur ancêtre, le prince Toula, arraché et déporté au cours de l’esclavage transatlantique. Les rituels d’usage ont eu lieu dans le royaume de Togbota par la célébration de « la cérémonie d’apaisement de l’âme ».

En effet, le 25 juillet 2018, des patriarches et adeptes des cultes Vodoun du royaume de Togbota, commune d’Adjohoun, république du Bénin, ont présenté des offrandes aux divinités Sakpata, Dan et Ogou. Il s’agit de rites prescrits par des ancêtres fondateurs dudit royaume à la suite de révélations successives du Fâ et celle d’un adepte de la divinité Dan au sujet des besoins de l’ancêtre Toula Ananlomê depuis l’au-delà.

Princes d’un des royaumes les plus célèbres de l’aire culturelle Adja-Tado, Ké, Hun et Oyö (Togo, Bénin et Nigéria), les habitants de Togbota continuent de croire à l’existence des défunts. Leur attachement au culte des ancêtres est très vivace. L’avis des ancêtres à travers le fâ (la géomancie) et celle des divinités (d’après la transe d’un adepte) ont indiqué des rituels à l’endroit de l’esprit de l’ancêtre Toula comme la seule résolution spirituelle pour la stabilité et le bien être social des filles et fils de Togbota pendant la période des crues qui inondent la vallée de l’Ouémé.

Né vers la fin du XVIIe siècle, l’ancêtre déporté selon la mémoire du culte Vodoun, a participé à plusieurs guerres de résistance au profit de la région Wémè. Guerrier très redoutable et mystérieux, la victime, avant d’être capturée à Zangnanando dans le département du Zou, a été guerrier et commandeur mystique dans l’une des troupes de Yahassa (1650-1709), celles qui ont incendié et détruit complètement le palais d’Abomey sous le règne du roi Akaba (1679-1709).

Avant de rendre un vibrant hommage à la bravoure de l’ancêtre Toula, Dah-Zoundji Agbadosso, Seigneur de la divinité dan a d’abord recouru à la parémiologie «Kpan gban kpan gban : Ahouan yi togbota, ahouan lê agba » qui est l’hymne de résistance et aussi une expression de la bravoure des guerriers du royaume de Togbota entre le XVIIe au XVIIIe.

D’après la même source, l’ancêtre Toula n’a pas été capturé comme les autres fils du royaume arrachés et traqués comme un animal sauvage, mais il s’est rendu volontairement aux esclavagistes d’Abomey lorsqu’on l’a informé de l’arrachement de son père Ananlomê Gnigbê (50 ans) et de sa mère Tchatin (60 ans). Pendant plus de 5 ans, la troupe royale de Togbota qu’il dirigeait en tant que redoutable guerrier a été malmenée répétitivement par des esclavagistes d’Abomey et ceux d’Allada dirigés spécialement par des Agouda Houawé c’est-à-dire des blancs.

Nous pouvons dire, poursuit-il, que le slogan « Kpan gban kpan gban : Ahouan yi togbota, ahouan lê agba » qui signifie : « La guerre déclarée contre Togbota a été vaincue et que les esclavagistes comploteurs sont rentrés bredouilles », est l’un des emblèmes de la bravoure de l’ancêtre Toula.

 

Fondé vers la fin du XVe siècle par Ifêssou (1475-1519), le royaume traditionnel de Togbota a été victime des toutes premières guerres de razzias organisées par des négriers portugais sur les côtes sud d’Oyö du XIVe au XVIIIe siècles. La prospérité du royaume d’Oyo, établi en effet sur le commerce des esclaves, se veut être la principale cause de leur migration vers le territoire voisin d’Oba-dan, plus tard royaume Oba-danhomey, (Danhomey) République du Bénin.

Après son installation à Togbota qui est une péninsule au cœur la vallée de l’Ouémé, le royaume des Fessouvi a été l’objet d’attaques pendant plus trois siècles avec d’énormes pertes humaines. Ainsi sur la liste des rois succédant au trône des Ifêssouvi, originaires d’Oyo, on a :

1- Ifessou———————————- (1475-1519) intronisé à Oyo Ifangnein (Nigéria)

2- Bessou ——————————— (1522-1569) intronisé à Takon (Rép. du Bénin)

3- Bessa ———————————– (1569-1582) intronisé à Kintô-Agué (Rép. du Bénin)

4- Alansou ——————————— (1596-1618) intronisé à Kintô-Agué (Rép. du Bénin)

5- Ayihou ———————————- (1618-1619) intronisé à Kintô-Agué (Rép. du Bénin)

6- Dadé Azôbê ————————— (1619-1623) intronisé à Zounvômey (Rép. du Bénin)

7- Agbo ————————————- (1623-1675) intronisé à Zounvômey (Rép. du Bénin)

8- Kpôton Avounbê ———————- (1677-1706) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

9- Sonan ———————————— (1706-1742) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

10- Houffon gnani man koun ———— (1741-1788) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

11- Kindé————————————– (1791-1813) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

12- Tohi ————————————— (1819-1853) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

13- Sînton————————————- (1853-1866) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

14- Tognon ———————————- (1868-1879) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

15- Tossê ———————————— (1882-1889) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

16- Adodé ———————————— (1889-1914) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

17- Cheffon ———————————- (1915-19120) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

18- Kpôfon ———————————— (1920-1945) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

19- Hougni ———————————— (1946-1972) intronisé à Togbota et Porto-Novo (Bénin)

20- Wagnon ———————————– (1973-1980) intronisé à Togbota et Porto-Novo (Bénin)

21- Sounton ———————————– (1980- ?) intronisé à Togbota (Rép. du Bénin)

cultes des ancêtres déportés

Jusqu’au XIVe siècle, les Ifêssou sont originaires d’Oyo. Au départ, on les désignait communément par Ibo qui vient de l’expression Aïbobo et qui signifie « hommages des enfants de la terre » en langue Edo, un dialecte du nord-Nigéria. Ils avaient une grande croyance dans les cultes ancestraux et occupaient au sein des autres royaumes de l’aire culturelle Adja-Tado, Ké, Hun et Oyö, le poste des Do-gbo, qui veut dire également Dâ en Fon pour signifier (l’ensemble des seigneurs ayant la capacité de nommer, d’interner au couvent et de couronner tout prétendant au trône royal des tribus d’Ilé-Ifê.

Sur le plan traditionnel, on raconte que l’administration traditionnelle du royaume négrier de Porto-Novo a été postérieure au royaume de Togbota sous le règne du roi Tossê (1882-1889). Il s’agit-là des actes de soumission traditionnelle qui ont concédé le statut de royauté aux pouvoirs négriers de Porto-Novo, qui opéraient le pillage des côtes de la vallée de l’Ouémé au profit des Européens.

culte des ancêtres déportés

Après le grand royaume de Wémè et celui des So qui s’est établi autour de l’île des Aguégués, la royauté de Togbota occupe la troisième place sur la liste des royaumes traditionnels plus célèbres de la tribu (Hun ou encore Gun) du Dahomey. Les rituels d’apaisement célébrés ce 25 juillet 2018 sont une coutume conséquente à l’attachement des descendants de l’ancêtre l’Ifessouvi aux cultes des ancêtres.

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Découverte d’une relique de guerre à Sodonou

Découverte d’une relique de guerre à Sodonou, dans la commune de Bonou.

La présentation de l’objet aux chercheurs a eu lieu, ce 21 juin 2018 en présence d’une délégation du Ministère de Tourisme, de la Culture et des Sports du Bénin. Il s’agirait d’un obus utilisé par les troupes françaises dirigées par le commandant Marius-Paul Faurax. Cet objet datant d’environ 126 ans vient d’être retrouvé dans le fleuve Ouémé, à hauteur de Sodonou, un quartier situé à 2 km de la tombe du commandant Faurax dans la commune de Bonou. Selon les propos recueillis sur place, la découverte de cette masse cylindrique de 500 grammes ravive la mémoire des habitants du village sur les souvenirs douloureux des deux grandes guerres coloniales qui ont eu lieu entre l’armée française dirigée par le Commandant Marius-Paul Faurax d’une part et les troupes noires, dirigées par Béhanzin, à la fois chef de guerre et roi des colonies britanniques du Danxomè d’autre part. Ainsi, le 19 novembre 1892, la conquête de l’ex royaume traditionnel de Wémè, aujourd’hui département de l’Ouémé, fut l’objet d’une terrible dispute entre les autorités négrières d’Agbomè et les autorités coloniales françaises.

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• Les causes internationales de la guerre de DOGBA. L’une des causes fondamentales restées sous entendue au sujet de la guerre de Dogba (Danxomè) est le refus d’adoption des décrets abolitionnistes de 1848 par les autorités britanniques qui étaient les premiers négriers à être présents sur les côtes des royaumes de l’aire culturelle Adja-Tado, Ké, Hun et Oyö plus tard pays sous l’appellation (Togo, Bénin, Badagri ou Nigéria). Alors que des négriers britanniques poursuivaient avec la politique de la déportation des Noirs vers des îles anglaises, les Français quant à eux, prônaient la domiciliation des esclaves. Il s’agit ici des statuts coloniaux favorisant l’exploitation des peuples wémè comme main d’œuvre pour l’accroissement de l’économie française par la mise en valeur de la vallée de wémè (Ouémé).

• L’intérêt de la France dans la guerre de DOGBA. Irriguée par le fleuve Wémè, le lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo, la vallée de l’Ouémé de par sa fertilité demeure le centre d’intérêt économique ayant motivé la France à organiser matériellement et à participer militairement à la guerre de DOGBA. Les pertes, quelle qu’en soit leur nature, avaient moins d’importance au regard des autorités françaises qui voulaient étendre abusivement leur protectorat déjà établi sur le Fort britannique d’Odjâ-tchë (Porto-Novo) aux royaumes de Wémè et à leurs voisinages. Même si la déportation de Béhanzin marque la fin des guerres de razzias, elle a été un climat regrettable pour le peuple Dahoméen exploité en entier comme main d’œuvre gratuite pour la fourniture des matières premières à la rizerie d’Oyo et aux huileries d’Agbada et celle d’Agonvi.

• Le protectorat français sur Porto-Novo Le protectorat français sur le fort britannique d’Odjâ-tchë devenu Porto-Novo, semble être la goutte d’eau qui a fait débordé la vase entre les autorités négrières d’agbomè (Abomey) et l’armée française. A ce propos, sa majesté Hwézêzoun, roi des collectivités unies de la commune Bonou s’explique :

Les autorités négrières d’agbomè ont cru que Toffa qui était pourtant leur neveu s’était gaillardement moqué d’eux, en acceptant le protectorat français au-dessus du fort britanniques d’Odjâ-tchë plus tard Porto-Novo. Il s’agit d’un délit qui dénote de la trahison ou de la traîtrise selon Béhanzin qui avait une forte armée équipée par des négriers britanniques pour le règlements des conflits internes au sujet de leur intérêt sur l’ensemble du territoire de Danxomè

Pour la même cause, l’histoire coloniale raconte : Ce fut que la France envoie un corps expéditionnaire, commandé par le Colonel Dodds, comprenant des marsouins, des tirailleurs indigènes et un bataillon de 825 hommes de la Légion Étrangère. Faurax, sortant volontaire pour cette expédition, débarque à Cotonou en août 1892 et prend le commandement du bataillon de légionnaires. Le corps expéditionnaire se dirige en direction d’Abomey, capitale de Béhanzin. Début septembre le Commandant Faurax et ses légionnaires établissent un point d’appui à Dogba ; le 19 novembre, en quittant Dogba pour progresser plus loin, le groupe du commandant Faurax est attaqué par environ 4000 guerriers de Béhanzin. Le combat est très rude, les guerriers de Béhanzin sont repoussés avec de lourdes pertes ; mais la colonne a aussi subi des pertes, dont Faurax atteint par une balle au côté. Evacué par une cannonière sur le fleuve Ouémé, il meurt dans la nuit des suites de sa blessure. Découverte d’une relique de guerre à Sodonou fait raviver chez des autochtones de la commune de Bonou la mémoire de milliers de guerriers Agboméens abattus par la troupe du commandant Marius-Paul Faurax dont la tombe continue d’être l’un des vestiges visible de cette guerre franco-dahoméenne.

Découverte d'une relique de guerre à SodonouA la vue de l’objet découvert le représentant du ministre Oswald OMEKY, en l’occurrence Félicien HOUNKANRIN, directeur départemental du Tourisme, de la Culture et des Sports rassure les habitants :

Au nom du chef de l’Etat et du ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports, je remercie très sincèrement les pêcheurs et les exploitants des sables riverains qui ont su distinguer l’importance de cet objet pour la mémoire des victimes de la guerre de DOGBA. La tombe de commandant Faurax constitue à elle seule un chapitre de notre histoire nationale qui prend en compte la commune de BONOU. C’est pourquoi le ministre m’a instruit de venir constater en compagnie des chercheurs la portée scientifique de cet objet découvert. Nous pouvons vous assurer, sa majesté, qu’il s’agit d’un trésor historique très précieux qui aiderait les scientifiques à mieux situer les conséquences de cette guerre au statut si particulier dans l’histoire nationale du Bénin. C’est peut être, le moment de procéder à la recherche, à la documentation et à la valorisation des autres vestiges qui retraceraient davantage l’histoire des affrontements meurtriers qui ont lieu au Dahomey avant la déportation du roi Béhanzin

Noter qu’avant de partir, la délégation du ministre a recommandé au roi la protection rigoureuse de l’objet en attendant la prise d’une décision scientifique par le gouvernement à son profit.

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Appel à partenariat

Appel à partenariat

Titre du Projet

Organisation de la deuxième édition du Festival international et du colloque scientifique intitulé : ’’Mitöhouindo, vodoun comme première force de résistance des africains esclavagisés’’.

Le démarrage de la deuxième édition du festival international et de son colloque scientifique conjoint est fixé pour le mercredi 23 au jeudi 31 mai 2018.

Structure en charge :

ONG Symbole de l’amitié/ N° : 2014/060/SC/STCCD/SA du 5 mai 2014
Siège social : Akpro-Missérété/Vakon-gbo-M/Bernard-Copé/Arrondi de Vakon
Tél : (+229) 97 165 381 / 97 059 382 / 97 891 833
Site internet : www.symbole-amitie.com
email : contact@symbole-amitie.com
COORDONNÉES BANCAIRES: IBAN (International Bank Account Number); BJ 067 01508 508100000819 84, Code SWIFT/BIC: COBB BJBJ

Objectif du Projet

Le festival International et le colloque scientifique : ’’Mitöhouindo, vodoun comme première force des africains esclavagisés“ sont deux activités conjointes organisées annuellement par l’organisation non gouvernementale Symbole de l’Amitié, en collaboration avec des chefs de cultes endogènes, des patriarches, des rois du Bénin, Nigéria et Togo ; sous le haut patronage d’un comité scientifique international pour inventorier les patrimoines immatériels et matériels de la mémoire et de l’histoire de l’esclavage transatlantique au Bénin. Ses activités durent une semaine et rassemblent étudiants, anthropologues, psychiatres, prêtres et adeptes des cultes endogènes, archéologues, musiciens, artisans, poètes, cinématographes, historiens, juges, rois et enfin patriarches africains qui sont les gardiens des mausolées. Tout ce monde est mis en relation pour la concomitance et la réflexion autour des objectifs histoire et culture de l’Afrique et de sa diaspora. Le festival qui précède le colloque comporte des rubriques tels que :

Démonstrations et danses sur des musiques ancestrales

o Le défilé des différents groupes d’artistes traditionnels et des adeptes de cultes endogènes
o Adjogan, musique royale
o Sattö, musique mémoriel d’enlèvement de deuil pour des africains arrachés, esclavagisés et inhumés sans respect des pactes ancestraux
o Echassiers : moyens de survie au-dessus du fleuve inventés par des rescapés de la traite et l’esclavage transatlantique, devenus plus tard musique de souvenir pour des citoyens des villages lacustres du Bénin après l’abolition
o Houngangbo : musique de récitation des souvenirs et noms des captifs suivis de leur éloge individuel avant déportation
o Guèlèdès : la danse des masques
o Sogbê : la danse et musique de l’armée traditionnelle de défense territoriale de l’aire culturel Adja-Tado, Ké, Hun, Oyo, pendant l’esclavage, exploitée de nos jours, comme musique d’enlèvement de deuil périodique des dahoméens et Togolais morts dans le monde inconnu après avoir été déportés outre Atlantique et esclavagisés
o Egun-gun : la danse des revenants qui récitent la mémoire des captifs et informent sur leur état dans l’au-delà. Ils enseignent aux jeunes générations le panégyrique clanique qui est une autre source fiable de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage transatlantique
o Le Shango : la danse de la divinité de foudre, dieu de tonnerre découvert aux XVIIIe siècle par des noirs afin d’empêcher la capture des leurs et freiner la déportation d’un grand nombre
o Dan : la danse des adeptes de la divinité Dan qui assurent le bien être sanitaire des familles africaines soumises à la crainte et  à la misère pendant l’esclavage
o Elègba : la danse de la divinité protectrice des amazones
o La danse des initiés de la diaspora : c’est un tableau de scènes cultuelles et culturelles destinées aux afrodescendants pratiquants des cultes ancestraux qui permettra d’asseoir au fil des ans un système culturel de restauration et de recyclage à travers l’échange de talents et de savoirs entre les patriarches et les filles et fils de la diaspora historique d’Afrique rattachés à leurs appartenances socio-culturelle et cultuelle d’origine ancestrale malgré les influence des esclavagistes
o Etc.

Des visites touristiques et échanges avec des familles africaines d’origine béninoise

Les derniers jours du festival sont toujours consacrés à la visite des sites de mémoire et des vestiges de l’esclavage transatlantique découverts dans chaque région du Bénin et qui sont conservés par des familles béninoises comme des hauts lieux sacrés. Il s’agit également là d’une opportunité touristique qui permet l’échange sur les objets découverts entre les patriarches et les touristes ; ces derniers constitués en majorité d’afrodescendants lesquels en fin de comptes sont libres d’établir un rapport scientifique entre les mythes et les réalités de l’histoire écrites par des navigateurs européens. Compte tenu de la liste exhaustive  de ces vestiges considérés comme des objets sacrés par certains clans, le comité d’organisation du festival met à chaque édition quarante huit heures de visites touristiques au service des participants afin de leur permettre d’explorer des mémoires de l’histoire de l’esclavage transatlantique qui sont restées cachées depuis plus trois siècles passés.

Le colloque scientifique international

Cette partie des manifestations s’assigne la mission comme celle d’un tribunal de l’histoire où partant des comptes rendus des activités précédemment exécutées, le comité scientifique composé non seulement des universitaires, chercheurs scientifiques, anthropologues, professeurs, élèves et des doctorant mais aussi des patriarches, rois ; inventorient, débattent et concluent touts ensemble les différents thèmes scientifiques en rapport avec la culture et l’histoire de l’esclavage transatlantique dans le monde. La plupart des thèmes retenus à cette occasion sont très souvent développés par des experts béninois, haïtien, caribéens, togolais et par les patriarches eux-mêmes ; ce qui permet aux participants de bénéficier d’une meilleure qualité de débat.

Généralités et but fondamentaux du Festival et du Colloque

Le but fondamental du festival international et de son colloque scientifique s’inscrit dans le cadre de la patrimonialisation de la mémoire et de l’histoire de l’esclavage transatlantique dans un processus allant du local vers le global, ce qui pourrait avoir pour effet progressif et efficace, l’accaparement de l’héritage de l’esclavage transatlantique par la génération montante pour le développement socioculturel et économique de l’Afrique en particulier et du monde en général. C’est l’un des supports indispensables pour la sauvegarde de la mémoire de l’humanité, étant donné que 60% des acteurs traditionnels qui animent les différents tableaux du festival ont participé à l’accouchement de la base de données des dahoméens mis en esclavage transatlantique grâce à leur volonté de partager avec des historiens modernes et des chercheurs de tous les domaines, la mémoire des déportés imprimée par scarification sur leur corps comme des meurtrissures et conservée par leur conscience afin d’être transmise de génération en génération, mais normalement de façon discrète entre initiés.

Comprendre la base de données

De tout ce qui précède, le festival international et colloque scientifique intitulé ’’Mitöhouindo, vodoun comme première force de résistance des africains esclavagisés“ à travers ses objectifs strictement axés sur :
– La coopération entre les détenteurs des savoirs et les générations plus jeunes
– La récupération de la mémoire de l’esclavage transatlantique encore disponible chez des anciens initiés à la tradition des cultes endogènes
s’offre la mission d’un collecteur de mémoire et d’un bâtisseurs de pont entre la descendance des africains arrachées à tout basculement dans un monde inconnu, dans un état de non être, dans une infériorité raciale et dans le déni de leurs valeurs africaines.

Les charges d’organisation

L’organisation du festival international et du colloque scientifique conjoint intitulé ’’Mitöhouindo, vodoun comme première force de résistance des africains esclavagisés“ nécessite d’importants moyens d’ordre financiers et matériels compte tenu de la qualité de chacune des activités qu’elles soient historiques, culturelle, cultuelles et touristiques sans oublier le délai nécessaire à leur exécution respective. Elle consiste à mettre des moyens de déplacement et l’hébergement y compris la restauration à la disposition de chaque groupe d’acteurs invités afin de rassurer l’exactitude dans l’exécution des activités programmées. Vu que la plupart des acteurs à savoirs, patriarches, adeptes, chanteurs, batteurs et autres, habitent souvent loin du site retenu pour abriter les différentes manifestations ; le comité d’organisation prend en effet des responsabilités qui lui reviennent financièrement chères. Il s’agit des charges de première nécessité sans lesquelles des réalités trop importantes resteront toujours inconnues d’un grand nombre des chercheurs scientifiques.
Le budget estimatif du festival international et son colloque scientifique de cette année 2018 s’évalue à quinze mille (15 000€) euros, y compris les frais d’hébergement des adeptes des cultes endogènes du Togo, Bénin et du Nigéria qui viendront démontrer aux scientifiques le mode d’encodage du nom des déportés africains esclavagisés, contre leur corps en tant que personne vivante par le système de tatouages, de balafres ou de scarifications sur la peau humaine. Il s’agit là d’un partage de secrets endogènes de conservation de la mémoire de l’esclavage transatlantique qui sera exposé pour la première fois en face du monde afin d’éclairer les uns et les autres sur les mythes et les préjugés portés à l’histoire africaine sur le sujet de l’esclavage depuis des siècles à nos jours.

Qualités des partenaires attendus

Etre promoteur, directeur, membre, consultant d’une agence (personnelle) ou (laboratoire), sociale, communautaire, universitaire, organisation non gouvernementale nationale ou internationale de recherche scientifique dans les domaines ci-après :
– Psychiatrie
– Anthropologie
– Histoire
– Archéologie,
– Théologie
– Peinture
– Artisanat
– Documentaire
– Tourisme
– Transport aérien, terrestre et fluvial
– Hôtellerie
– Presse (audio-visuelle)
– Séminaire (prêtes)
– Université (nationale et internationale)
– Chercheurs
– Musique africaine
– Auteurs (maison d’édition)
– Production vidéo
– Percussionnistes
– Monarque
– Palais royal
– Conservateur de musée
– Archivistes
– Graphistes
– Médecine
– Compagnie aérienne
– Sculpture Etc.

Droits de partenariat garanti

– Attestation de participation
– Echange de contacts avec des acteurs traditionnels des cultes endogènes et à la fois ressources de l’histoire africaine
– Exposition des objectifs et logos des structures partenaires
– Obtention d’un droit à la communication à l’occasion des manifestations
– Autorisation de couverture médiatique (enregistrement des bandes vidéo de l’évènement)
– Visite des lieux sacrés, couvents, mausolées et (l’initiation au secret d’une divinité au choix)
– Publication d’articles ou de documents sur les activités du festival et du colloque
– Prise de vue avec des rois et autres autorités de la société civile
– Distribution des étrennes de chaque structure partenaire aux participants et au public
– Un poste de responsabilité dans la composition des membres du comité d’organisation de la prochaine édition du même festival.
Tarif minimum exigé par partenaire :
La contribution minimum attendue de chaque partenaire ou actionnaire du festival international et son colloque scientifique intitulé : ’’Mitöhouindo, vodoun comme première force de résistance des africains esclavagisés“ est fixé à 500 €, donnant droit à la promotion des prospectus et ventes des articles ou autres objets de la structure partenaires sur les sites du festival et du colloque par une à deux personnes. Ne sont pas compris les frais de visites touristiques, ni la participation d’une troisième personne en cas de besoin.
NB : Le cas des sociétés offrant des prestations commerciales à savoir la communication GSM, Magasine spéciale, la restauration sur place, est particulier et mérite un traitement spécial. Pour tout renseignement contactez nous : contact@symbole-amitie.com , bernardos87@live.fr ou au : +229 97 16 53 81 /

Frais de participation individuelle aux activités

Les frais de participation aux activités de la deuxième édition du festival et son colloque conjoint intitulé «’’Mitöhouindo, vodoun comme première force de résistance des africains esclavagisés » fixés à 150 € par personne et donne droit uniquement à l’accès aux sites du colloque, du festival, à la sécurité des personnes et à la photographie ou la prise de vidéo des activités programmées.

Le délai probable de signature du contrat
Le délai probable de la signature du contrat de partenariat entre le Groupe universitaire de Recherche en Histoire et Culture du Bénin (ONG SYMBOLE DE L’AMITIE) et des partenaires désireux de contribuer à l’organisation du festival international et son colloque scientifique conjoint est prévu pour le mercredi 28 Mars 2018 à 16heures très précises. Dépassé cette date aucune demande de partenariat ne sera prise en compte à cause de la bonne marche de l’organisation qui exige la présentation de toutes les structures impliquées aux différents partenaires du projet par une lettre circulaire d’information.

Formulaire de contrat de partenariat :
Nous soussignons Mr/Mme_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, directeur/trice ou _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ qui est un (présentation de la structure) :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _
Adresse : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Reconnais avoir pris l’engagement de participer à l’organisation du Festival international et du colloque scientifique : ’’Mitöhouindo, vodoun comme première force de résistance des africains esclavagisés“ à hauteur de : (précisez le montant de participation et sa devise en lettre) : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ( en chiffre) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ , Je reconnais avoir lu et pris connaissant des avantages de chacune des activités de cette manifestation culturelle et scientifique et ai prêt à contribuer pour leur réalisations dans le souci de (objectif de partenariat) : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
En foi de quoi, nous nous engageons à verser par virement bancaire ou par Western Union un montant participatif de : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ sur le compte de l’ONG SYMBOLE-DE-L’AMITIE, le 25 Avril 2018 avant 00 heures, afin de garantir une organisation parfaite des activités programmées.
Fait à_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ le (date) : _ _ _ /_ _ _ _ /2018
Ont signé

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Symbole de l'amitié - BéninEtudiants

Offre de stage universitaire au Bénin

Dans le cadre de l’organisation de la deuxième édition du festival international et son colloque scientifique intitulé : « Mitöhouindo, le vodoun comme première force de résistance des Africains esclavagisés » le Groupe Universitaire de Recherche en Histoire et Culture du Bénin (ONG SYMBOLE DE L’AMITIE) propose une offre de stage universitaire au Bénin, d’une durée de 3 mois renouvelables donnant droit à une attestation aux universitaires en cours de formation académique dans les domaines ci-après :
– Anthropologie
– Théologie
– Histoire
– Géographie
– Sociologie
– Psychologie
– Archéologie
– Gestion des ressources humaines
– Relations internationales
– Musique traditionnelle
– Artisanat
– Journalisme

I) CONDITIONS A REMPLIR :

– Etre étudiant, inscrit dans une université du Bénin ou d’ailleurs

– Remplir les conditions administratives de séjour au Bénin (visa, vaccin, etc)
– Etre apte et disponible pour toute la durée du stage (mars, avril, mai 2018)
– Savoir parler couramment l’une des langues suivantes : français ou anglais
– Etre forcément laïc et avoir également des notions de base sur la communication gestuelle ou symbolique
– Être patient et attentionné envers les personnes du troisième âge avec qui nous serons souvent en contact
– Avoir un esprit d’équipe, et disposer d’un système d’enregistrement vocal ou vidéo

II) PIECES A FOURNIR

– Une photocopie d’acte de naissance
– Une photocopie de la carte d’identité Nationale
– Un certificat de résidence
– Une lettre de motivation
– Une photocopie du passeport pour les africains de la diaspora historique
– Une photocopie des diplômes précédemment obtenus dans le domaine choisi
– Un contrat de stage à retirer en ligne ou au siège de l’ONG,

III) DATE LIMITE D’INSCRIPTION

La date limite des inscriptions est prévue pour le 28 février 2018 à 17h30 minutes. Les dossiers sont reçus en ligne à l’adresse contact@symbole-amitie.com ou au siège de l’organisation sise à Vakongbo, Maison Bernard-Copé, derrière l’église du christianisme céleste ’’Terre des anges“, Tél : +229 97 16 53 81 / 67 04 24 61, commune d’Akpro-Missérété, République du Bénin. Dépassé ce délai, aucun dossier ne sera reçu.

offre de stage au Bénin

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