Symbole de l'amitié - Transport par eauCulture et histoire

Entrepreneuriat culturel et touristique en République du Bénin

INDUSTRIE TOURISTIQUE AU BÉNIN

Le Groupe Universitaire de Recherche en Histoire et Culture au Bénin (ONG Symbole de l’Amitié) donne la main à la jeunesse de l’Ouémé et propose des formations spécifiques en entrepreneuriat culturel et touristique en République du Bénin

FORMATION DES JEUNES

Cette formation s’inscrit dans le cadre du Projet de Valorisation des Circuits Touristiques en rapport avec l’histoire et la mémoire de l’esclavage transatlantique dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. L’Office de tourisme du groupe universitaire de recherche en histoire et culture du Bénin, en collaboration avec les musées de Porto-Novo et d’Adjarra et les mairies de Dangbo, des Aguégués, de Porto-Novo et d’Adjarra, lance, sous l’appui technique de la DDCAT (Direction Départementale de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme), une formation professionnelle dans les secteurs suivants :

 Guide de tourisme spécialisé sur les questions de l’esclavage transatlantique au Bénin et à travers le monde

 Agents facilitateurs de voyage et auxiliaires en hôtellerie court et long séjour

 Entrepreneuriat culturel et touristique en République du Bénin

Entrepreneuriat culturel et touristique en République du Bénin

OBJECTIF GLOBAL

Il s’agit d’amener les jeunes des communes de l’Ouémé à mieux cerner l’histoire de l’esclavage transatlantique en république du Bénin, à s’accaparer cet héritage dans le cadre de la création d’emploi.

DESCRIPTION DE LA FORMATION

 Volet : Guide de tourisme spécialiste des questions de l’esclavage transatlantique au Bénin et dans le monde

La république du Bénin (ex-Dahomey) fait partie des pays du monde les plus touchés par la traite des noirs et l’esclavage transatlantique. Des recherches antérieures révèlent que ses côtes ont servi de lieu d’embarquement pour plusieurs millions de captifs sur une période de quatre siècles environ.

C’est un pan de la mémoire de l’humanité qui mérite d’être préservée et conservée dans un processus de patrimonialisation allant du local au national et de là au global lorsque. En Afrique, c’est la transmission intergénérationnelle de l’oralité qui assure l’existence de la mémoire. La patrimonialisation est donc une façon de prendre le relais de la mémoire orale traditionnelle.

Nos recherches scientifiques sur l’histoire et la mémoire de l’esclavage transatlantique ont abouti à la Base de données des Dahoméens victimes de l’esclavage Transatlantique. Le Groupe Universitaire de Recherche en Histoire et Culture au Bénin (ONG SYMBOLE DE L’AMITIE) a identifié des lieux de mémoires et a découvert plusieurs vestiges de l’esclavage transatlantique dans des communes des départements de l’Ouémé et du Plateau.

Ainsi, il s’agira d’informer et de former des jeunes désireux d’entreprendre dans les domaines en rapport avec l’industrie touristique, mais aussi sur l’ensemble de ces vestiges de l’esclavage qui définissent entre eux, des pistes locales de l’esclavage transatlantique sans lesquelles, la fondation des villes cosmopolites et historiques telles que : OUIDAH et GANVIE n’existeraient pas. C’est donc, un secteur d’emploi qui s’offre à la jeunesse en quête d’une profession, source de revenus

 Volet : Agents facilitateurs de voyage et auxiliaires en hôtellerie court et long séjour

Le plus souvent, il est presque impossible de parler du tourisme sans prendre en compte le voyage, l’hébergement et la restauration des touristes. Ainsi, en partenariat avec des agences de voyages et des complexes hôteliers, les agents locaux formés dans ce secteur auront des outils nécessaires pour mieux assurer la sécurité alimentaire et la circulation des touristes, afin de rendre inoubliable leurs séjours en république du Bénin. C’est une profession qui rassure le voyageur depuis son pays de provenance sur :

– l’organisation de son séjour

– sa sécurité

– son hébergement

– son alimentation

 Volet : Entrepreneuriat culturel et touristique en République du Bénin

Le secteur de la culture et du tourisme, aussi vaste, riche et diversifié qu’il soit, est une véritable source de développement et de création d’emploi, encore inexploitée et ignorée par la majeure partie de la jeunesse béninoise. Par conséquent, il s’agira ici, de montrer aux jeunes les atouts économiques que revêtent les mémoires matérielles et immatérielles de l’esclavage transatlantique dans leurs communes, et donc de les former dans l’élaboration de projets allant dans ce sens. Ainsi, les participants auront droit à un apprentissage théorique et beaucoup plus pratique sur :

– Les bases de l’entrepreneuriat en général

– Les fondamentaux de l’entrepreneuriat culturel

– La rédaction, le suivi et l’exécution des projets culturels en République du Bénin

Entrepreneuriat culturel et touristique en République du Bénin

AVANTAGES DE LA FORMATION

 Une attestation de fin de formation est délivrée à chaque participant pour servir et valoir ce que de droit

 Les participants ont la possibilité de travailler au sein de l’office du tourisme dudit groupe ou des structures partenaires

 A la fin de la formation, les participants ont la possibilité de postuler au poste de chef service de la culture, de l’Artisanat et du Tourisme dans les mairies concernées en cas de besoin.

INSCRIPTIONS

Les inscriptions commencent du lundi 12 Juin 2017 et prennent fin dès le samedi 08 Juillet 2017 de 08h 00 à 18h 00.

La réservation est possible par mail à l’adresse contact@symbole-amitie.com ou bernardos87@live.fr et par appel téléphonique au : +229 97 16 53 81 / 99 82 91 91 / 94 15 40 70/ 97 06 66 38

Lieu d’inscription : Siège du groupe universitaire de recherche en histoire et culture du Bénin sis à Vakongbo, Maison Bernard-Copé, derrière l’église du Christianisme céleste « Terre des Anges ».

Frais d’inscription : 2. 000 FCFA soit 3,07 Euros (Contre une fiche d’inscription dûment signé )

Frais de formations : 30.000 FCFA soit 46,15 Euros (possibilité de payer en 2 tranches)

Durée de formation : Lundi 10 Juillet 2017 au Vendredi 08 Septembre 2017

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Symbole de l'amitié - Fête du VodounCulture et histoire

La Fête de Vodoun au Bénin

Célébration ce 10 janvier 2017 de la fête de vodoun au Bénin

La Fête de Vodoun au Bénin

Fête du Vodoun au Bénin

A Ouidah, la porte du Non-Retour a abrité la Fête de Vodoun au Bénin

Il s’agit d’une cérémonie cultuelle et culturelle qui rassemble chaque année des dignitaires, des chefs de cultes, des adeptes vodoun, des chrétiens, des athées, des autorités politiques et administratives, et surtout la diaspora autour des objectifs : danse du couvent, prières et offrandes aux esprits protecteurs pour le bien être social des familles, des collectivités et des clans du Bénin en particulier et ceux sa diaspora en général.

Fête du Vodoun au Bénin
Fête du Vodoun au Bénin (10 janvier 2017)

« Ensemble, œuvrons pour une Afrique unie, forte et prospère »

C’est son altesse, DAAGBO-HOUNON, le président mondial des cultes vodoun qui a présidé l’événement.

Le thème retenu pour cette 20ème édition est : « Ensemble, œuvrons pour une Afrique unie, forte et prospère ». Et selon le Maire de la ville de Ouidah, cette célébration de la Fête de Vodoun au Bénin est une occasion de retrouvailles cultuelles et de retour aux sources pour les filles et fils du Bénin et une opportunité confortable pour la diaspora de mieux s’accaparer des valeurs endogènes de leur sources africaines. Institué depuis 1992 sous l’avènement du président Nicéphore Dieudonné SOGLO, le 10 janvier a été décrétée « journée nationale des religions endogènes ». En effet, depuis près de 20 ans, où cette manifestation a eu lieu pour la première fois, le Bénin n’a cessé de rassembler des scientifiques, des universitaires, des touristes du monde entier autour de ses valeurs endogènes. Notons que le mot vodoun vient de l’expression Fon, (“Vô“ et “dou“) l’un « sacrifice » et l’autre « Esprit » ce dernier se révélant aux humains à travers le signe du Fâ (la géomancie). Ainsi, pour avoir un vodoun, il faut nécessairement traverser les étapes à savoir :

  • La consultation du Fâ ou la divination
  • Les sacrifices indiqués à l’endroit de l’esprit à vénérer
  • Les pactes de fidélité dont la transgression engendre des conséquences parfois mortelles pour l’auteur
  • L’initiation aux pratiques d’usages qui comprend la formation aux styles de communication entre l’homme et les esprits, c’est-à-dire entre le visible et l’invisible.

Un culte vivifiant qui définit un état d’esprit

En effet, la religion vodoun est une des doctrines universelles au monde qui repose sur l’animisme, c’est-à-dire la foi qu’en tout être vit une âme qui mérite d’être vénérée, pourvu que ce dernier après s’être révélé soit en mesure d’aider ou d’assister de façon radicale et positivement l’homme dans la résolution de ses différentes difficultés vitales. Il s’agit d’une croyance ancestrale propre à chaque famille dahoméenne (Bénin). Le pratique vodoun a franchi des milliers d’années malgré les menaces insistantes des religions révélées à son encontre grâce à ses nombreuses assistances liturgiques et de ses maintes vertus de guérison qu’il témoigne à l’homme en cas de maladies et de ses atouts de satisfaction qu’il offre à l’homme dans des situations désastreuses. En effet, la croyance vodoun admet, que chaque être humain est un « engendreur cosmique », une divinité ou un défunt qui porte la glaise dans laquelle il doit être modelé, puis à qui le créateur (Mahu) insufflera le souffle de vie. S’il s’agit d’une divinité, le vodouisant sera consacré à cette dernière.

Fête du Vodoun au Bénin
La Fête du Vodoun au Bénin

Le Vodoun, une clé sur le passé et l’avenir africain ?

En somme, la célébration de la Fête de Vodoun au Bénin, le 10 janvier de chaque année, n’est rien d’autre que l’expression de la reconnaissance d’une dimension et d’une identité religieuse que partage la diaspora avec ses origines africaines. Son excellence le président Patrice Talon, représenté à l’occasion par le ministre de la décentralisation, de la gouvernance locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire, Monsieur DASSIGLI Z Barnabé, a honoré par sa présence l’édition de la Fête de Vodoun au Bénin de cette année. Comme à l’accoutumée, l’édition de cette année n’a enregistré aucun incident sur le plan national. Ainsi donc, pour l’immense plaisir des Béninois, et plus particulièrement celui de la communauté Vodoun, dont la pratique demeure encore obscure et incompréhensible pour les profanes, puissions nous encore préserver longtemps ces traditions au profit de la culture. Vive le vodoun. Vive le Bénin et sa diaspora. Vive l’Afrique et ses racines ancestrales.

Fête du Vodoun au Bénin
Fête de Vodoun au Bénin

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L’impact de l’esclavage sur la psychologie des populations (colloque)

L’ESCLAVAGE : Quel impact sur la psychologie des populations ?

C’est bien le thème autour duquel ce colloque scientifique international s’est tenu les 26, 27 et 28 octobre 2016. Celui-ci a suscité un très grand intérêt de la part de divers spécialistes et aussi de très nombreuses personnes qui auraient voulu y assister.

Ce sont les îles de la Martinique et de la Guadeloupe qui ont servi conjointement de cadre aux manifestations. De l’hôtel la batelière, Fort-de-France (Martinique) au Mémorial ACTe, Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), des experts à savoirs : chercheurs, historiens, psychiatres, généticiens, anthropologues, étudiants, sociologues, auteurs et politologues, venus des quatre coins du monde ont saisi l’occasion pour inventorier et examiner la mémoire de la traite dans le but de mieux diagnostiquer l’impact de l’esclavage sur la psychologie des populations descendantes de millions d’Africains déportés.

Organisé par l’association First Caraïbes, ce colloque a soulevé un énorme intérêt. Et l’association “symbole de l’amitié“ que je représente a été particulièrement touchée par l’invitation lancée par l’éminent professeur psychiatre Aimé CHARLES-NICOLAS et l’historienne Myriam COTTIAS, spécialiste de l’histoire de l’esclavage. Au nom de tous les membres de l’association, je les remercie très sincèrement pour le soutien et l’attention qu’ils accordent à l’Afrique dans le cadre de leurs fonctions respectives en rapport avec l’esclavage transatlantique.

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L’arrachement

Voici les grandes lignes de l’intervention que j’ai eu à présenter sur le sujet de l’arrachement dû à la déportation en esclavage. En effet, ce sujet est directement en lien avec le travail du groupe universitaire de recherche en Histoire et Culture du Bénin que j’ai l’honneur de représenter.

Pour traiter le sujet, il était en effet tout indiqué d’utiliser les données que nous avions déjà collectées sur plusieurs milliers d’individus dahoméens mis en esclavage au 18ème et 19ème siècles, et dont vous retrouverez une partie ici (base de données). Par précaution, précisons que notre travail ne peut que dépeindre un groupe d’individus avant son arrachement, mais que nous ignorons comment ces personnes ont pu réagir une fois déportées outre Atlantique. De même, nous ignorons ce qu’elles ont pu garder de leur société d’origine. Autrement dit, nous avons des outils pour saisir qui ils étaient avant, mais non qui ils sont devenus.

Ainsi, essayons de mieux connaître l’attachement familial, religieux et professionnel, mieux connaître la philosophie de vie, les relations avec la nature, la force des pactes cultuels, mieux comprendre l’impact psychologique concernant :

  • l’arrachement définitif et du basculement dans un monde inconnu
  • le statut de non-humain, de bête, ou d’infériorité raciale pour des Africains issus de :
  • l’aire Adja-Fon comprenant l’actuel Togo, l’actuel Bénin et l’ouest du Nigéria actuel
  • la tradition Vodoun.

D’emblée, des questions se posent : qui étaient ces esclaves ? Quels étaient leurs concepts de vie avant l’arrachement ? Qu’ont-ils pu ressentir ? Quelles étaient leurs émotions et leurs espoirs de survie après la capture et la déportation vers un monde inconnu ?

Religion et croyances dahoméennes

Il faut dire toute suite que la grande majorité des déportés dahoméens étaient des animistes c’est-à-dire qu’ils ont foi qu’il y a une âme vivante dans tout ce qui les entoure. En un mot, il s’agit de confronter l’ontologie africaine à l’épreuve de l’arrachement et de l’esclavagisme. Les conséquences psychologiques dépendront sûrement de la capacité individuelle des esclaves à conserver suffisamment de ressources mentales et physiques pour résister à l’annihilation, la destruction de leurs repères culturels et identitaires provoquée par le choc de l’arrachement et de la déportation, puis à l’érosion éventuelle des souvenirs au fil des années qui suivront. La capacité de l’esclave à s’adapter à sa nouvelle société régie par des règles injustes et racistes, mais néanmoins rodée depuis de nombreuses années, lui permettront d’observer les classes sociales hiérarchisées et d’évaluer les possibilités d’améliorer son sort.

En effet, ils (les déportés dahoméens de cette époque de l’histoire) savent se plaindre à la nature, c’est-à-dire tout ce qui les entoure et cela à travers des incantations qui sont d’ailleurs des paroles mystiques le plus souvent prononcées dans le langage de l’objet, c’est-à-dire par la faculté propre à l’objet d’exprimer ou de communiquer sa pensée par un système de signes gestuels et vocaux : un Iroko par exemple qu’ils sont prêts à distinguer tel un objet sacré et à vénérer tout comme un dieu pourvu que ce dernier exauce promptement et ponctuellement leurs vœux. Ainsi, la plupart savent nouer individuellement des pactes avec la nature et se préserver rigoureusement des désastres qui en découlent en cas de désobéissance. Pour un enfant dahoméen du XVIIIème et XIXème siècles le respect du sacré était une éducation de base !

La société dahoméenne était constituée de telle sorte que chaque collectivité, famille et clan dispose d’un « couvent » dirigé par les patriarches en complicité étroite avec les reines-mères qui veillaient en permanence au bien être des descendants depuis leur naissance jusqu’à l’âge de cinq à dix ans, âge auquel ils adhéraient au couvent pour être initiés aux pratiques du culte Vodoun, et de toutes les règles ancestrales, naturelles ou communautaires qui en découlent.

Il s’agit là d’un point fondamental indispensable aux diagnostics de l’impact psychologique de l’arrachement définitif des dahoméens capturés et déportés vers un monde nouveau, traumatisés, mais encore fiers et confiants dans les concepts de vie basés uniquement sur les enseignements du couvent vodoun. Qu’est-ce que le vodoun et pourquoi l’initiation à ces pratiques ?  Comment les peuples dahoméens au XVIIIè siècle le conçoivent-ils ? Quel lien y-a-t-il entre le Vodoun et l’organisation sociale ?

Le vodoun est un un culte endogène du Golfe du Bénin. C’est une conception spirituelle animiste. D’ailleurs l’expression courante : « vodoun wa ta nou min » qui veut signifie en langue Fon que « le vodoun est descendu sur la tête de quelqu’un » est éloquente. C’est un principe divin qui vit en toute chose. Pour les adeptes, ses manifestations sont très souvent observables. Par exemple le vodoun se manifeste par un rêve quand il désire qu’on lui fasse un sacrifice. Ou alors, c’est un python qui s’arrête au milieu de la route devant l’adepte, etc.

Nous pouvons déjà comprendre que la nature offre des langages, un symbolisme par lequel le vodoun parle à ses fidèles et que le «  » ou la géomancie permet de déchiffrer ; Autrement dit, il s’agit d’une conception anthropocentrique de l’univers selon laquelle celui-ci est au service de l’homme pour lui faire connaître la volonté du vodoun, en un mot de la divinité. Il s’agit là des appartenances socioculturelles et cultuelles de ces africains déportés donc porteurs de toutes ces connaissances acquises aux prix de pactes noués avec l’univers et dont la trahison engendre des conséquences dont nous verrons plus loin les manifestations. Mais avant tout, retenons à cette étape que les dahoméens déportés vers ce nouveau monde inconnu sont très religieux et déduisons déjà que leur vie est imprégnée du sens du divin. Ils se croient être sous la dépendance de la divinité quelle que soit la forme sous laquelle celle-ci se manifeste.

Dans les premiers temps de leur déportation, les esclaves porteurs de ces croyances, écopent probablement d’une double peine : tout d’abord une peine exogène, car non seulement, ils ont perdu leur liberté, leur identité et tous ce qui les rattache à leurs racines, mais de surcroît, ils doivent vivre sous la hantise des dieux ou des défunts (peine endogène) disons de l’au-delà compte tenu des pactes qui précèdent les différentes initiations citées ci-dessus. C’est dire que l’Africain jusqu’à nos jours reste encore prisonnier de son univers spirituel hérité de l’animisme d’autant que ces différentes initiations lui offrent des moyens dont il a besoin pour faire face aux difficultés de la vie.

Des appartenances fortes marquées dans les chairs et les esprits

En effet, les appartenances cultuelles et ethniques indiquent mieux l’Africain. Les cicatrices raciales qu’on distingue le plus souvent sur le visage d’un peulhs, d’un Bariba, d’un Gun par exemple, sont des signes distinctifs d’appartenance à un groupe. Ces différents signes sont d’origine ancestrale, clanique et parfois hautement symbolique sur le plan cultuel compte tenu des pactes qui relient les ancêtres fondateurs d’un clan à un animal-divinité pourquoi pas à un objet sacré. Nous avons, par exemple, le cas de l’ethnie Azöhouënou qu’on reconnaît dans la société dahoméenne de nos jours par une cicatrice arquée contre chaque joue comme sur le visage du python protecteur de ce groupe d’ethnie ; et celle des Xovi-Kpö qui veut dire « prince panthère » lesquels  portent deux griffes sur chaque joue qui représentent le regard d’une panthère.

En regardant ces cicatrices claniques imprimées contre leurs corps, les esclaves dahoméens ne peuvent que se souvenir douloureusement de leur origine, c’est à dire de la terre de leurs aïeux où ils étaient libres de tout mouvement, où il n’y avait de richesse particulière que d’homme, où contre très peu d’effort champêtre fourni on obtient un gros rendement, où ils mangeaient collectivement la viande et le poisson fumés après la chasse ou la pêche qu’ils arrosaient de vin de palme ; où ils mangeaient cru les féculents (manioc, pommes de terre, etc…) pour gagner du temps, où ils labouraient la terre en coopération.

Il s’agit là d’un scénario de la mémoire que nul ne saurait mieux décrire que l’esclave lui-même arraché violemment à l’affection de sa famille, malgré les nombreux pactes qui le relient avec le surnaturel à savoir les mânes de ses ancêtres et les objets protecteurs de son clan, qu’il est condamné à respecter toute sa vie et dont la désobéissance ou trahison est susceptible d’engendrer des traumatismes psychologiques voire même la mort pour lui-même et ses descendants sur plusieurs générations. En somme, la nature est justicière. Et pour l’Africain il faut la rassurer à travers des pactes dont seul le strict respect garantit la longévité sur cette terre. Ce qui a pour effet l’immensité renaissante des totems en Afrique primitive.

L’esclave sous la charge de la servitude peut-il accomplir convenablement des devoirs socio-cultuels c’est-à-dire l’obéissance à des règles qui régissent le rapport entre lui et la nature ? Quelles sont les attentes de la servitude ? Quelle est la situation géographique de ce monde inconnu et son rapport avec l’Afrique et l’ingéniosité des esclaves dahoméens ? De quoi serait faite la fierté de l’esclave dahoméen malgré son statut de bête ou d’objet ? Quel avenir sur la terre d’accueil, témoin des événements ? Comment les parents peuvent-ils partager avec leurs fils ou leurs filles déportés les douleurs de la servitude et par quel moyen peuvent-ils assister ce dernier malgré la distance qui les sépare ? Comment le dahoméen déporté en esclavage peut-il adopter ou fonder une nouvelle famille ? De quoi demain sera-t-il fait pour la descendance servile ? Ce sont autant de questions ouvertes dans la problématique de l’adaptation.

Savoir-faire et compétences de la société traditionnelle africaine

En déportant des dahoméens de cette époque, les marchands négriers se sont contentés uniquement et certainement de leur statut socioprofessionnel (une force de travail) à savoir des agriculteurs, des pêcheurs, des artisans, des forgerons, des éleveurs, des ménagères, des fabricants d’alcool ou de vin de palme etc. et cela sans se soucier que parmi eux  figuraient des personnes porteuses de connaissances et de croyances, des personnes réputées avoir pactisé avec des puissances mystiques ou naturelles capables d’agir sur les êtres et les choses à leur profit : des guerriers, des tradi-patriciens, des chefs de culte, des griots, des sorciers (c’est-à-dire : celui qui obtient des résultats pratiques par la connaissance endogène primitive), des reines-mères, des rois, des féticheuses, des chasseurs.

Au passage, tout ce savoir-faire socioprofessionnel ou socio-cultuel fait l’objet d’une transmission de compétences familiales précises au sein des collectivités dahoméennes. Comment sera vécue la rupture de ce lien transitionnel ou de quelle façon pourra-t-il renaître ou non sous le joug de l’esclavage ? Au cours d’une journée de travail acharné, l’esclave dahoméen sous la charge de la servitude va obéir aux ordres du maître, mais va rendre compte à la nature dès la tombée de la nuit de ce qui l’a empêché d’obéir à son pacte avec cette dernière à travers des rituels secrets tels que des plaintes adressées par exemple à une fourmilière qui n’abritent rien que des fourmis lesquelles selon la tradition dahoméenne constituent le retour à la vie de la chair des ancêtres, un organe particulier de l’écosystème.

Communication et pactes avec la Nature

En outre, il ne serait pas un simple jeu de hasard de remarquer chez des esclaves dahoméens la notion de vénération de la terre qui consiste à y verser de l’eau ou une petite goutte de liqueur pour lui rendre grâce ; ou celle consistant à marteler et baiser le sol en lui confiant des messages à transmettre aux individus par télépathie, notamment, même à leurs parents qui sont en Afrique. L’implication imprévue du surnaturel dans les objectifs de la traite négrière transatlantique pourront laisser penser aux esclaves africains que plusieurs conséquences telles que :

  • le retour au pays de certains esclaves appelés aujourd’hui des « Afro-Brésiliens »
  • la fin brutale du commerce triangulaire, l’abolition de l’esclavage
  • la chute de l’économie de certains maîtres
  • les malédictions périodiques sur la nouvelle terre au profit de la nature ; les cataclysmes ; les maladies

sont d’origine cultuelle étant donné que la majorité des familles africaines ont pactisé avec la nature pour se protéger contre des pandémies de leur époque à savoir la rougeole, la peste, les morts infantiles, la mort en couche chez des femmes et pour ne citer que celles-ci. En effet, les sociétés africaines jusqu’au XIXème siècle sont primitives donc réputées être très proches des traditions originelles.

A ces atouts importants (les pactes), s’ajoute la possibilité de se retrouver avec d’autres esclaves partageant la même langue et la même culture, sur une habitation ou plusieurs habitations voisines. Les affinités entre plusieurs esclaves d’une même divinité ou de la même société secrète africaine peuvent les rapprocher et les unir pour former une famille religieuse contre les objectifs de leurs maîtres, sans oublier leur connaissance des différentes notions des sacrifices qu’ils peuvent offrir à l’univers à la faveur de la nuit contre les responsables de leur sort. C’est le renforcement de la méfiance et du culte du secret qui sont quasiment assurés sous l’oppression esclavagiste.

Un rapport aux ancêtres et à la terre qui fait son chemin

Un autre point de la croyance est l’immortalisation en Afrique de l’âme des victimes par des rites ancestraux transgénérationnels qui ont fait parvenir jusqu’à nous leur mémoire par le biais des panégyriques claniques ou d’autres moyens de la tradition. La réussite sur la nouvelle terre pour la descendance servile sera perçue comme « très probable » et pleine d’espoir par rapport à ce qui est demandé aux esclaves sur les plantations, puisque le défrichage et la culture sont justement une des méthodes africaines pour coloniser un territoire (par le travail du sol). Lorsque l’on sait le travail acharné dont ils sont les héritiers en Afrique (transmission terrienne et héritage des ancêtres à qui ils vouent un culte) et qui est aussi la cause de leur déportation comme main d’oeuvre servile, il ressort une réelle et vitale capacité à s’enraciner sur de nouvelles terres. Ce sont peut-être les prémices de « l’enracinement » dont parle Edouard Glissant.

Les esclaves Africains (nés en Afrique) auront tendance à croire que, sur le plan spirituel, ils ont des pouvoirs surnaturels et protecteurs que des maîtres auraient offensé inconsciemment en les arrachant définitivement à leur famille et aux pactes ancestraux pour un monde inconnu. De nos jours, la culture africaine sous-tend aussi que l’impact de l’esclavage sur les descendants engendre des maux. Ces maladies seront perçues comme les conséquence du non respect des pactes qui unissent leur aïeul à une divinité clanique depuis l’Afrique avant la déportation de ce dernier. Dans ce cas, l’aspect thérapeutique conseillé par la tradition consistera à initier des rituels de réconciliation permanente entre la descendance servile et leurs origines africaines.

Je profite de ce moment de parole qui m’est accordé pour vous dire que nous sommes prêts à vous accueillir au Bénin pour vous faire découvrir au plus près la culture de vos ancêtres Africains. Sur place, vous trouverez beaucoup de réponses à vos questions. Vous pourrez visiter des lieux importants de l’histoire et de la culture dahoméenne, discuter avec des hommes et des femmes qui détiennent l’histoire de leur collectivité. Le Bénin vous offrira une palette remarquable de possibilités d’élargir vos connaissances dès que vous poserez un pied sur son sol. C’est une expérience à vivre, tout comme j’ai vécu une  expérience bouleversante en découvrant les îles de la Martinique et de la Guadeloupe. Je suis touché d’avoir pu visiter les endroits où les esclaves ont vécu.

La simple évocation des faits de l’esclavage provoque un trouble. Elle le provoque chez les descendants d’esclave, et elle le provoque également en Afrique où des milliers de familles ont perdu des membres. Comme le soulignait le professeur CHARLES-NICOLAS, il est possible d’en parler de façon apaisée, ce qui nous permet d’aller plus loin dans la compréhension et la recherche sur l’histoire de l’esclavage et son impact psychologique. Et je reprends aussi volontiers quelques mots de l’historien Gilbert PAGO : « vous n’êtes pas des descendants d’esclaves, vous êtes des descendants de gens que l’on a mis en esclavage », pour ajouter que ces Africains déportés méritent que l’on délaisse un peu l’étiquette d’esclaves pour s’intéresser à eux en tant qu’humains, hommes, femmes et enfants à part entière, dont l’image et la culture doivent être revalorisées.

Toutes les vidéos du colloque sont ici.

colloque-en-martinique-6 impact de l'esclavage sur la psychologie des populations

colloque-en-martinique-4 impact de l'esclavage sur la psychologie des populations

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Symbole de l'amitié - ArbreCulture et histoire

La mémoire de l’esclavage demeure vive dans les couvents Vodoun au Bénin

reines-meres-hanssinon, La mémoire de l’esclavage demeure vive dans les couvents Vodoun
Reines mères de la collectivité, adeptes du vodoun portant un nombre de scarifications correspondant aux membres partis en esclavage qu’elles doivent connaitre par cœur toute leur vie

Découverte d’une chaîne d’esclave

Le temps passe mais la mémoire de l’esclavage demeure vive dans les couvents Vodoun au Bénin. Elle est même encodée physiquement, à même la chair, sous forme de scarifications. C’est l’essentiel à retenir du travail minutieux de recherche mené par le Groupe Universitaire de Recherche en Histoire et Culture au Bénin qui a découvert un nouveau vestige d’esclavage transatlantique dans le couvent de la divinité « Xêfiosso Tchango » à Djigbé dans la commune de Dangbo, département de l’Ouémé.
Il s’agit d’une chaîne offerte à la collectivité des « Djigbé Gbalinou Agayitö » sur contrat par des négriers portugais il y a environ 203 ans. En attendant l’arrivée des portugais pour l’embarquement, cette chaîne servait en effet à la détention des esclaves récalcitrants !

chaine-desclave-a-djigbe, La mémoire de l’esclavage demeure vive dans les couvents Vodoun

Enquête et interview des anciens de la collectivité à propos de l’histoire de cette chaîne

A la question pourquoi et comment vos aïeux sont rentrés en possession de ladite chaîne, son altesse, Etienne SOTON, président des patriarches du clan des « Djigbé Sokonnou Agayitö » du Bénin répond :

L’implication de nos aïeux selon l’histoire des faits qui nous est parvenue d’après la tradition serait partie des attaques répétitives des royaumes d’Abomey et de Porto-Novo contre le pays Wémè. Des guerriers ne tuèrent pas, mais capturèrent vivants nos aïeux, des jeunes gens en âge de se marier à cette époque de l’histoire. Si j’ai de la mémoire, mon grand-père à moi, Soton DJISSONON racontait que ces guerriers tirèrent des coups de feu en l’air ou abattirent parfois quelques uns des hommes en terme d’avertissement pour les autres, qui ne pouvaient alors qu’accepter le triste sort d’être arraché violemment à l’affection de leurs proches et alliés pour être emportés vers une destination inconnue.

Avant de venir s’installer ici, nos aïeux ont fui les mêmes guerres de razzias de Djigbé-Agué, leur région natale qui se situe dans l’actuel département de l’Atlantique où ils étaient de grands chasseurs et des agriculteurs. Ils voulaient s’installer définitivement dans l’un des villages suivants : Sêdjê-Denou, Zinvié, Sêho-Djigbé, Azowlissè et Dangbo Djigbé-Zoungo. Toutefois, ils ont été repérés et pourchassés jusqu’ici, où ils ont cru être à l’abri des hostilités. La cause de cet acharnement contre nos aïeux, est que nous sommes d’une ethnie où la plupart des gens sont géants, costaux avec un grand gabarit et très tenaces pour les travaux champêtres tels que la culture de manioc, la patate douce ou le maïs qui demandent beaucoup d’énergie et de savoir faire.

N’ayant pas d’armes à feu pour affronter l’ennemi, nos aïeux ont choisi l’option de conclure un arrangement avec les négriers juste après la déportation de l’un des leurs appelé Hanssinon Gbëbo, dont le nom est parvenu jusqu’à nous grâce à la transmission orale. Cette chaîne faisait partie de l’accord conclu.

Cette transmission transgénérationnelle s’appuie, comme c’est souvent la coutume au Bénin, premièrement sur un ou plusieurs objets-reliques fortement représentatifs et symboliques des événements passés, la chaîne servant à attacher les esclaves dans ce cas précis. Ces objets sont placés dans des sanctuaires ou autels du culte local. Deuxièmement, la transmission orale repose aussi sur un support immatériel que l’on appelle panégyrique clanique.

De la petite et triste histoire, Hanssinon Gbëbo selon les dire de mon grand père, aurait été chanteur de la musique chinkoumè comme le dit son nom « HANSSINON » qui veut dire « chanteur » ou « griot » en langue Wémè du Bénin. Chasseur à l’arc, il devint surtout célèbre sous le patronyme de Hanssinon à cause, dit-on, de la qualité exceptionnelle de sa voix, qui était très appréciée dans le royaume de Djigbé et ses environs.

Esclavage, sujet toujours sensible, dont la mémoire est toujours bien conservée

L’histoire de sa capture vers la fin du XIXème siècle a été inscrite de façon indélébile dans la mémoire familiale grâce à cette chaîne et surtout à notre panégyrique clanique qui détient un récit laudatif des faits se rapportant à lui et dont nous ne pourrons ici développer toute la portée afin de préserver le pacte de paix des collectivités locales. Sachons simplement que les plaies laissées par l’esclavage sont encore bien vives dans beaucoup de familles béninoises.

On remarque que la tradition Vodoun confère un caractère sacré à cette chaîne qui retrace la mémoire de l’esclavage au sein du clan des Djigbé Sokonnou Agayitö du Bénin, d’où sa conservation fixe dans le couvent Vodoun qui est un haut lieu savoir endogène réservé aux initiés des pratiques ancestrales. Longue de 4 mètres environ, cette chaîne est posée au dessus de l’autel dressé à la divinité Tchango Xêfiosso, qui est la divinité clanique de peuple Djigbé Sokonnou Agayitö, originaire d’Oyo. Leur présence dans toute les communes du sud Bénin a été possible grâce à leur passé historique agité par les guerres de razzias introduites en Afrique par la traite négrière avide de main d’œuvre.

Aujourd’hui, le clan des Djigbé Sokonnou Agayitö compte à lui seul plus de 8 000 citoyens repartis dans tout le Bénin. On les distingue souvent par leur haute taille, leur robustesse, leur cicatrice raciale arquée sur chaque joue dans le sens de l’oreille, une voix assez autoritaire en cas de conflit, etc. Il s’agit d’un groupe ethnique comparable aux peulhs en matière de ténacité. A l’image du tonnerre, leur dieu protecteur, ils sont très combatifs et résistants.

Perspectives de recherches à partir de ce cas concret

La tradition orale ne nous permet pas de savoir toute la vie et l’œuvre de l’ancêtre Hanssinon Gbëbo après sa déportation en esclavage outre Atlantique. Cependant, notre groupe de recherche en Histoire et Culture au Bénin a pu constater que le nom Hanssinon réapparaît en 1848 en Martinique sous le patronyme Ancinon, juste après l’abolition de l’esclavage, quand les nouveaux libres ont été nommés à l’état civil. Hasard ou réelle résurgence ? S’agit-il d’un curieux concours de circonstances au cours de la fabrication des patronymes donnés aux affranchis au moment de l’abolition de l’esclavage ou faut-il y voir l’obstination d’un esclave décidé à récupérer son identité ? Nous laissons cette question en suspens.

La tradition orale et les objets rituels du souvenir constituent la matière première pour de nouvelles pistes de recherche pour des chercheurs internationaux qui voudraient mieux connaître le système de conservations de la mémoire de l’esclavage dans l’ancien Dahomey. La mémoire de l’esclavage demeure vive dans les couvents Vodoun au Bénin.

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Conseil des patriarches du clan des Djigbé Gbalinou Agayito présidé par Etienne SOTON

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Le roi de Sakété devenu esclave

Recherche sur un roi victime de l'esclavage
Collectivité royale ANIWAJOYE à Sakété

 

La collectivité royale ANIWDJOYE de Sakété recherche dans le monde la trace de son aïeul, ADELOU BIODJO, le 21ème roi de la dynastie royale OBA ALAKA GBANI IYAWO éyo, victime de la traite négrière transatlantique il y a deux siècles.

C’est à l’occasion d’un séminaire patrimonial tenu ce dimanche 21 Août 2016 dans la salle ancestrale « Ilé Awan Ayé » de ladite collectivité que BOURAÏMA Yêkini, chef de la collectivité ANIWADJOYE, expliqua que la déportation de son aïeul ADELOU BIODJO était survenue après avoir refusé aux occidentaux des pratiques de la traite sur son territoire.

chef de collectivité raconte la déportation de son ancêtre le roi de Sakété devenu esclave

Très âgé, le patriarche Yêkini affirme avoir lui-même entendu l’histoire de cette triste déportation de la bouche de son grand père, Feu BOURAÏMA, au cours d’une immolation de chèvre en sacrifice aux mânes des princesses et princes du royaume de Sakété partis en esclavage transatlantique juste après le renversement et la déportation du roi ADELOU BIODJO qui conduisirent le royaume au déclin et exposèrent toute la collectivité aux désastres causés par les razzias sur plusieurs années.

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En effet, le roi de Sakété devenu esclave et déporté a laissé derrière lui des enfants tels que ABEBOLA, ADECHIAN et plusieurs autres issus des femmes à savoir Olou Këmy, Oloula Tan, Atcholabi pour ne citer que les plus illustres. Des recherches antérieures entamées par le cercle de la famille ont permis de savoir que l’ancêtre ADELOU BIODJO a été embarqué sur les côtes de Ouidah pour ne plus revenir jusqu’à ce jour. D’après le président de la collectivité Toussain, toutes les générations de la collectivité sont appelées à se souvenir de ces faits compte tenu des pactes royaux qui relient la victime aux mânes des ancêtres, ces derniers pactes consistant à inhumer le roi dans l’intimité familiale s’il rejoignait l’au-delà à domicile, le moment venu. Bien sûr, cette déportation a empêché cette inhumation.

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Fondé au début du XIV siècle par l’aïeul OBA ALAKA, la dynastie royale ANIWADJOYE a connu plusieurs guerres avec des royaumes voisins à savoir les royaumes d’Oyo, d’Agbomè (Abomey) et celui d’Ilé-Ifè, tous à la recherche de captifs à échanger avec les négriers occidentaux contre des produits importés. L’histoire du passé de cette dynastie est très agitée du fait de sa situation géographique qui l’exposait aux attaques. En effet, le royaume de Sakété est encadré par le royaume d’Oyo, Ilé-Ifè, Porto-Novo, et Abomey. La dernière attaque contre Sakété a eu lieu en 1905, époque de l’administration coloniale française, et a coûté la vie à l’administrateur Cait (Nouveau regard sur la révolte de Sakété en 1905, par Dadjo Koôvi Michel Videglasem et Abiola Félix Iroko, in Cahiers d’études africaines, Année 1984, Volume 24, Numéro 93, pp. 51-70)

roi de Sakété devenu esclave
Collectivité ANIWADJOYE

L’article « Le roi de Sakété devenu esclave », est l’occasion de rappeler que la mémoire de milliers de victimes de l’esclavage transatlantique est conservée par les familles béninoises. Chaque récit permet de resituer un contexte local de l’histoire de l’esclavage grâce au culte des ancêtres et à la tradition orale qui se sont perpétués jusqu’à nos jours.

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Mémoire de l’esclavage

Rétrospection et découverte du Canal Gblonnou à Dangbo dans la Vallée de l’Ouémé.

Le peuple Wémè de la vallée de l’Ouémé, interroge son histoire de concert avec d’éminentes personnes ressources.

« Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir »; Cette affirmation d’Aimé Césaire est d’autant justifiée car il est important pour toutes les nations de puiser dans ses sources pour amorcer un réel développement. La sauvegarde de la mémoire matérielle et immatérielle encore non répertoriée constitue donc un défi majeur, notamment pour les dirigeants Africains. Le Bénin de par sa richesse culturelle et cultuelle demeure forcément un carrefour de l’histoire dans la sous-région. Négliger de consacrer les moyens adéquats pour retrouver les traces et messages appropriés, les décoder pour les générations futures, serait un crime de lèse-majesté. Ainsi, outres les efforts des gouvernants, les collectivités locales doivent se saisir de ce volet très indispensable au développement. Les organisations non gouvernementales dont les efforts sont à saluer ne peuvent non plus se désolidariser.

canal Glonnou à Dangbo

Rencontre de grande portée culturelle et historique

Ainsi, face aux besoins insistants de développement local qui impose la transformation du paysage territorial, l’organisation non gouvernementale “SYMBOLE DE L’AMITIE“ en collaboration avec le Centre Culturel Nelson Mandela (CENTRE ANAYI de Dangbo) et les palais royaux de Wémè, organisent du 22 au 23 Avril 2016 un séminaire spécialisé portant sur le thème: Patrimonialisation de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage : Cas de Gblonnou à Dangbo. Il s’agira d’analyser le rôle joué par le canal Gblonnou dans l’esclavage sur territoire de Dangbo, de réfléchir sur ses impacts dans l’histoire des populations environnantes et son rapport avec les descendants d’esclaves antillais. Plusieurs communications seront données à cet effet par des chercheurs nationaux et internationaux, des universitaires, des rois, le directeur départemental de la culture, de l’artisanal et du tourisme, la directrice nationale française de la recherche scientifique CNRS, des responsables de l’UNESCO, etc.

membres de l'ONG Symbole de l'Amitié

Programme du séminaire

Les sous-thèmes abordés sont entre autres : La Cartographie et l’importance du Canal GBLONNOU pour la « Mémoire et histoire de l’esclavage sur le territoire de Dangbo » ; Le parcours et les conditions de transport des esclaves du point de capture à la porte de Non-Retour à Ouidah ; le Rituel aux esclaves avant l’embarquement pour les Atlantiques ! Les Bases de données « À la recherche des dahoméens en esclavage » et cas d’un esclave Gblonnou ou Gblonbou ou Blonbou ; la vie de l’ancêtre Gblonbou au Bénin et pendant l’esclavage transatlantique ; Sort des esclaves à ADOKPAME du règne de KPÖTON au règne de HOUETON pour ne citer que cela.

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Le comité d’organisation est à pied d’œuvre pour une parfaite réussite de cette assise de grande portée, la première du genre dans la région et dont l’aboutissement permettra une grande avancée culturelle et un instrument important à mettre en valeur sur le marché de la mondialisation.

Tchabi Hake ASSA

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Festival des danses vodoun

Le festival des danses vodoun des couvents est désormais une réalité

Du 16 au 23 décembre 2015, les communes de la vallée de l’Ouémé vont vibrer aux rythmes des danses du couvent vodoun. Pendant une semaine, les adeptes et dignitaires de tous les cultes pratiqués dans les quatre communes de la vallée de l’Ouémé vont se regrouper autour des sujets « danses endogènes » et « histoire de l’aire culturelle et cultuelle Wémè ». Le festival des danses vodoun est une manifestation qui s’assigne pour mission la réactualisation des cultures endogènes malheureusement menacée de disparition et la médiation intergénérationnelle. C’est également un creuset de partage de savoir sur l’origine du vodoun, son évolution dans le temps et ses nombreux atouts pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage en pays Wémè.

représentants du festival des danses vodoun

Une occasion unique d’en savoir plus sur le vodoun

D’après le coordonnateur du projet « route des royaumes de la vallée » et président du comité d’organisation du festival, M. Espoir WINSOU, ce festival des danses vodoun se veut être la seule opportunité pour les chercheurs, les anthropologues, les archéologues d’être en contact avec un grand nombre d’acteurs de la culture Wémè. Cette initiation vise à consolider les rapports entre les Jeunes et les Anciens et également de mettre en rapport ces derniers avec les chercheurs. En effet, plusieurs communications sont prévues pour être données autour du vodoun, les vestiges de l’esclavage découverts, qui témoigneront du caractère cosmopolite de cette région dotée d’un passé historique très agité.

représentants du festival des danses vodoun

Pour Dah-Ayïdji GBEHOUINNON, vice-président départemental de la communauté nationale du culte vodoun et vice-président du comité d’organisation du festival, ce sera une occasion unique pour mettre les pas et rythmes du couvent à la portée de la jeune génération à des fins de transmission et de conservation. « Sans rien désacraliser des rythmes des couvents du culte traditionnel, le festival des danses vodoun va permettre aux artistes de la musique traditionnelle du Bénin d’approfondir leur connaissance sur les rythmes et les percussions qui sont joués au sein de ces mêmes couvents vodoun » conclut M. GBEHOUINNON.

Quelques événements programmés au festival des danses vodoun

Au programme, le carnaval des fantômes « Zangbétö » et celui des adeptes des divinités vodoun pour la journée du 16 décembre 2015, discours d’ouverture du président du comité d’organisation et celui du maire de la commune d’accueil suivis des dignitaires, têtes couronnées et personnalités à divers niveaux.

carnaval des fantômes

Il faut noter que des échanges sur l’origine des danses des divinités de Sakpata, d’Iritcha, de Ochango, de Dan et des Egoungoun sont également prévus au programme !

Ainsi lancé, ce festival va permettre à la communauté Wémè et aux touristes venant de diverses régions de consacrer leurs disponibilités de fin d’année à l’ambiance festive.

Joyeuse et excellente participation à tous !

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Séminaire sur l’esclavage transatlantique à Adjarra (Bénin)

« Piste de l’esclavage dans la commune d’Adjarra »

C’est bien le thème autour duquel se sont réunis un groupe d’historiens, de magistrats, de chercheurs, de conservateurs de musée, d’universitaires nationaux et internationaux ce 30 novembre 2015. La rencontre a eu lieu dans le département de l’Ouémé et c’est la salle polyvalente de la mairie qui a servi de cadre pour cette journée de réflexion. Après les présentations des résultats de recherches entamées depuis 2005 sur les vestiges de l’esclavage dans les villages et hameaux de la commune, les participants ont examiné les traces matérielles et immatérielles de l’esclavage encore exploitables dans cette localité du Bénin.

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D’après la géographie administrative présentée par les historiens et chercheurs, cette commune du Bénin est à cheval sur les bassins de la rivière Aguidi (affluent de la rivière nigériane du nom de YEWA), et du fleuve Ouémé. La rivière Aguidi jouit d’un régime d’écoulement ininterrompu. Elle bénéficie d’une grande dépression marécageuse, laquelle est traversée de plusieurs voies d’eau navigables à pirogue jouant un rôle prépondérant dans les transactions entre toutes les localités riveraines d’Avrankou (une très ancienne province du royaume Wémè et d’Ifangni et surtout le Nigéria (Oyo) qui était le fournisseur le plus proche en fer après le Ghana. Elle a pour superficie 112 km² et compte 60 112 habitants, répartis dans six arrondissements qui comptent 48 villages.
D’après Aubain HOUNSINOU, proviseur retraité du lycée Béhanzin et communicateur du présent comité de recherche, « les patrimoines matériels, à savoir la place Ahouanmantin, l’iroko Ahouansouloko, les chaînes de détention des esclaves et la rivière Mëdédjönou etc.. appuient incontestablement la participation de la commune d’Adjarra à l’esclavage local et transatlantique. »

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Le tabou sur l’esclavage empêche toujours la parole de circuler

Dans son intervention de 30 mn, le proviseur rapporte que l’esclavage est un sujet tabou dans la tradition telle qu’elle se transmet à Adjarra compte tenu des différends susceptibles de rompre la cohésion sociale dès lors qu’on en parle. A en croire le communicateur, sur quarante personnes interviewées, c’est une seule personne qui a eu le courage d’avouer publiquement qu’il est descendant d’esclave. Il a donc fallu prendre appui sur les produits de la littérature orale à savoir les chansons, les proverbes et les panégyriques généalogiques avant de réaliser que la crainte de transgresser les tabous ancestraux est ce qui empêche les descendants de bourreaux et de victimes de s’exprimer librement sur cette partie de leur histoire familiale, bel et bien partagée dans le cercle privé mais indicible en dehors de celui-ci.

Le contenu des ces informations est pourtant ce qui permettrait aux chercheurs d’avancer dans leurs hypothèses de travail. Néanmoins, plusieurs informateurs ont affirmé clairement que les chansons et les proverbes constituaient pour eux des documents dans lesquels ils archivaient les faits dignes d’intérêt d’être transmis aux générations futures. En ce qui concerne ces chansons qui relatent des faits récupérables dans le temps et dans l’espace, le proviseur dans sa communication félicite au passage Fernand AGBAYAHOUN, l’actuel médiateur culturel de la préfecture des départements de l’Ouémé et du Plateau qui a effectué un effort louable en 2005 chez feu le patriarche Kinvoédo HONFO en sauvegardant une chanson de mémoire qui retrace les faits esclavagistes au sujet de la place Ahouanmantin.

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De la mémoire vers l’auto-censure, un processus à inverser

Le communicateur n’a pas fini son intervention sans signaler l’importance des panégyriques généalogiques appelés AKÖMLANMLAN en Goun et ORIKI en Yoruba. Tous les informateurs s’accordent à dire que les panégyriques claniques doivent leurs origines à l’ingéniosité des ancêtres fondateurs des groupes lignagers et de ce point de vue, le proviseur dit que le panégyrique clanique serait né du souci des tout premiers ancêtres de transmettre à leurs descendances les événements marquant la genèse de leurs groupes et de leurs rapports avec d’autres. A l’origine donc, le panégyrique a été constitué d’une à deux phrases situant l’ancêtre, ayant vu le jour dans un contexte socioculturel particulier. Par la suite, sont venus s’ajouter au fil du temps, les acquis sociologiques des peuples. Donc le panégyrique représente pour les lignages, toutes proportions gardées, à la fois, leurs registres historiques, leur dictionnaire des us et coutumes et celui des rites conçus par et pour le groupe…

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Le rôle occulte dans les panégyriques

La déclaration du proviseur au sujet des « tabou » qui est une méthode d’autocensure de l’information au sujet de l’esclavage va être appuyée par Pierre D. AHIFFON, magistrat à IPF de Porto-Novo. Pour soutenir ce qui a été dit, le magistrat prend l’exemple des cas des jeunes filles togolaises, béninoises et même ghanéennes que trafiquent certains sur le Nigéria à des fins de prostitution, après avoir accompli des pactes de sang devant des fétiches. Cette technique qui sert à dompter, mystiquement parlant, l’esprit d’un serviteur devrait son statut aux pratiques esclavagistes qui étaient censées permettre aux maîtres de s’assurer la docilité de l’esclave dès sa capture jusqu’à sa livraison aux marchands européens. Ainsi, à la dimension du tabou de l’esclavage vient s’ajouter le secret des pratiques occultes qui verrouille encore davantage la pensée et la parole du détenteur du savoir panégyrique.

Objectifs conclusifs du séminaire esclavage transatlantique à Adjarra

Comme l’essentiel à retenir, le présent séminaire vise à immortaliser dans un document écrit les patrimoines immatériels et matériels de l’esclavage transatlantique ou local découverts sur le sol d’Adjarra en vue de leurs pérennisations pour le développement culturel et touristique de la commune en particulier et de celui de tout le Bénin en général.
Le Maire et son conseil communal se disent être prêts à accompagner le projet jusqu’à sa finalisation.

Il faut noter que ce séminaire a reçu la participation de nombreux éminents professeurs en histoire tels que Mme ALICE BELLA GAMBA, venue d’Italie, ADANDE Joseph et des conservateurs de musée tels Noël Cossi AGOSSOU, Albert HOUNKPEVI, Didier J. U COMLAN sans oubliés Gildas DOHOUNKPAN, pour le compte de l’ONG Symbole de l’Amitié, pour ne citer qu’eux.

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Séminaire esclavage à Adjarra, le 30.11.2015
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Poursuite des Travaux de Recherches et d’Enregistrement des Sources sur les Dahoméens en Esclavage

Dans le cadre des activités de sensibilisation des rois du Bénin sur les objectifs du projet PTRESDE les membres de l’ONG SYMBOLE DE L’AMITIE ont rencontré ce mercredi 22 juillet 2015 sa majesté RAFIU ADEBO ONIFADE ADEWADJOYE ANIWADE II, roi d’IFANGNI, commune située au sud-est du Bénin, et préfecture du département du Plateau. C’est dans la salle d’accueil du palais que Bernard DOSSA, président du Bureau exécutif de l’association des jeunes universitaires regroupés autours des objectifs culture et histoire du Bénin, a expliqué au conseil de la cour royale d’Ifangni la fondation du projet PTRESDE et ses attentes.
En effet, le projet PTRESDE se définit comme la Poursuite des Travaux de Recherches et d’Enregistrement des Sources (orales, archives, archéologiques, lieux de mémoire) sur les Dahoméens en Esclavage. Il s’agit d’un projet d’envergure nationale dont le coût global est estimé à environ 75 millions de francs CFA. Il a pour objectifs, d’une part le rassemblement et la sauvegarde des sources orales de l’histoire que chaque famille de l’ancien Dahomey (aujourd’hui Bénin) détient au sujet de leurs filles et fils victimes de l’esclavage transatlantique, et d’autre part, la réactualisation des panégyriques claniques qui reste une source indispensable à la mémoire de l’esclavage au Bénin.
Le président de l’ONG a souhaité que le projet PTRESDE soit ambitieux. Ses objectifs sont fixés pour 3 ans au minimum et prendront en charge toutes les 77 communes du Bénin. Le projet PTRESDE, à travers ses activités de collecte, de réactualisation et de sauvegarde, vise à transposer les sources orales par écrit, procédé qui semble être le meilleur moyen de préservation de l’histoire et de la mémoire des familles béninoises au sujet de l’esclavage au Dahomey.

A compter du mois d’août 2015, l’ONG Symbole de l’Amitié, à travers le projet PTRESDE, s’assigne la mission de poursuivre ses enquêtes sur les dahoméens victimes de l’esclavage afin de compléter la base de données déjà disponible sur notre site internet www.symbole-amitie.com à 20 000 noms au minimum. Pour le moment, seuls 6 565 noms y sont inscrits.

Après le Président de l’institution, c’est à moi, Célestine d’ALMEIDA, trésorière générale de l’ONG, d’expliquer à la cour royale d’Ifangni que l’exécution du projet PTRESDE permettra non seulement de rendre un nom, une identité, une histoire, presque un visage à des milliers de déportés, mais aussi d’établir un lien solide avec des noms antillais datant de l’abolition de l’esclavage transatlantique. Sa majesté RAFIU ADEBO ONIFADE ADEWADJOYE ANIWADE II m’a écouté respectueusement et il a bien compris que l’ONG Symbole de l’Amitié, à travers son savoir faire et ses expériences précédemment acquises, aura sur trois ans le devoir d’aller à la rencontre de la population âgée des villages, notamment des griots, des chefs de couvent et de cultes, des rois et les adeptes de la tradition vodoun etc. pour la collecte des quelques bribes de l’histoire qui reste à chaque famille dahoméenne victime de l’esclavage transatlantique. L’atteinte des objectifs fixés par la PTRESDE est un devoir de longue haleine dans des conditions d’hygiène et de confort difficile ; mais c’est aussi une occasion unique pour les étudiants des universités du Bénin, qui choisiront notre institut comme lieux de stage pendant la préparation de leur thèse de mémoire, d’être sur le terrain et de participer à la recherche avec les cadres du groupe. A la fin de mon allocution, j’ai profité de l’occasion pour expliquer à sa majesté RAFIU ADEBO ONIFADE ADEWADJOYE ANIWADE II, le rôle indispensable des pouvoirs locaux, à savoir les têtes couronnées, les chefs de cultes, les patriarches de familles et autres, dans la réalisation de ce projet.

Pour le roi d’Ifangni, sa majesté RAFIU ADEBO ONIFADE ADEWADJOYE ANIWADE II, le projet PTRESDE a des objectifs qu’il faut concrétiser à tout prix car il s’agit là de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage pour laquelle aucun acteur de la traidtion, aucun responsable politique ou religieux n’a besoin de se faire prier. « Mon seul doute, est que chaque jour que Dieu fait, ces vieillards dont vous avez besoin pour bien faire votre travail meurent de même que les griots qui détiennent et peuvent vous fournir ces récits dont vous avez besoin. Pour ma part, le projet PTRESDE peut compter sur ma responsabilité très ouverte sans oublier celle de mon conseil royal pour l’exercice de ces activités sur le territoire d’Ifangni (Bénin) jusqu’à Ifangni-Têdo au Nigéria où sont installés une partie des miens à cause des atrocités de l’esclavage à l’époque. » a déclaré le roi d’Ifangni. Il a donc exhorté le président de l’ONG SYMBOLE DE L’AMITIE et son équipe à tout faire pour le rassemblement du budget à travers la demande des subventions de l’Etat et des partenaires privés qui reconnaîtront la portée humaine et scientifique de ce projet.

Démarré à 11 heures 19 minutes cette séance de sensibilisation de la cour royale d’Ifangni a pris fin à 16 heures 30 minutes.

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La cour du roi d’Adjarra

Notons qu’après cette rencontre des membres de l’ONG SYMBOLE DE L’AMITIE avec la cour royale d’Ifangni, c’est à la cour royale d’Adjarra d’accueillir ce 01 Août 2015 la même tournée d’explication sur les objectifs du projet PTRESDE dans les palais royaux du Bénin. C’est avec beaucoup de bienveillance que le roi HOUETCHEHOUN KPOFFON d’Adjarra et sa cour royale ont accueilli l’équipe de sensibilisation de l’ONG SYMBOLE DE L’AMITIE venue pour les informer sur les objectifs du projet « Poursuite des Travaux de Recherches et d’Enregistrement des Sources sur les Dahoméens en Esclavage ».

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Cette séance de sensibilisation qui a lieu dans la salle polyvalente du palais royale d’Adjarra a connu la présence de plusieurs dignitaires dont ZOSSOKLUNON Togbokandji, KOUDOKPODE Adantoklunon Houdji, GOUDINWESSI Tchangossi et MIDINGBEDO A. Michel pour ne citer que ceux-là puis des ministres et gardes du roi tels que : KPINKPONSSOHOU Hounsouwé, KINVOEDO Gbenanto, AGBODAMAKOU Godonou, ALOWOUTADE Joseph, KOVOEYAN Michel et GBEMENOU François etc…
Désigné par le roi, Michel KOVOEYAN prenant la parole à aborder brièvement l’histoire de la fondation du royaume avant de finir par l’épisode de l’esclavage sur le territoire d’Adjarra.

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A entendre les uns et les autres, une maison dont les murs existent jusqu’à nos jours à Adjarra aurait servi de lieux de détention et d’échange des otages pour l’esclavage. (Voir la photo ci-dessous).

Cette maison en ruine située à Adjarra aurait servi de lieu de détention et d’échange durant l’esclavage
Cette maison en ruine située à Adjarra aurait servi de lieu de détention et d’échange durant l’esclavage

Fabrice OGATCHIN, le Directeur Exécutif de l’ONG, s’est réjoui du fait que tous les membres de la cour royale d’Adjarra ont accepté de coopérer à l’atteinte des objectifs fixés par le projet PTRESDE. Selon eux, l’ONG SYMBOLE DE L’AMITIE, à travers ce projet, cherche non seulement à identifier les Dahoméens partis en esclavage, mais aussi, vise à bâtir le pont entre les antillais et leurs ancêtres africains.

En tant que trésorière du groupe, je vous communique les coordonnées bancaires de notre ONG si vous souhaitez nous soutenir dans nos travaux. Tous vos dons sont importants, même les plus petits. Merci par avance.

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Symbole de l'amitié - Relations publiquesCulture et histoire

Afrique, esclavage et patrimonialisation

Afrique, esclavage et patrimonialisation sont trois mots-clés qui ont marqué le colloque des 21 et 22 mai 2015 sur le thème de « la patrimonialisation de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage : du local au global ». Organisé à Pierrefitte-sur-Seine conjointement par le Comité National pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage (CNMHE), l’Institut National du Patrimoine, les Archives Nationales, le ministère des Outre-Mer et le ministère de la Culture, le programme a permis l’exposition de nombreux travaux, la rencontre et le débat autour du projet de patrimonialisation.

Ce colloque a été pour moi un creuset de donner et de recevoir sur les efforts à fournir pour la mémoire de l’esclavage dans le monde entier. C’est l’occasion pour l’ONG Symbole de l’Amitié d’être en contact permanent avec le reste des acteurs de la patrimonialisation, ce qui pourrait faciliter la construction d’un pont entre les traditions dahoméennes et celles des pays où l’esclavage était à l’oeuvre il y a encore seulement un siècle et demi.

J’ai donc été convié à m’exprimer sur nos recherches au Bénin grâce à Mme COTTIAS et à toute l’équipe du CNMHE que je remercie de tout mon cœur. Un grand merci aussi pour l’accueil qui m’a été réservé par l’auditoire et les autres intervenants.

Voici l’intégralité de mon intervention présentée pour le compte des Dahoméens déportés en esclavage :

Origine de la base de données « à la recherche des Dahoméens en esclavage »

base des dahoméens en esclavage
Colloque Patrimonialisation de la mémoire et de l’histoire de l’esclavage à Pierrefitte-sur-Seine

Pourquoi avons-nous décidé de rassembler des informations sur l’esclavage ?

La mémoire est portée par la tradition vodou. Si nous avons encore quelques bribes de souvenirs de l’histoire de l’esclavage c’est grâce surtout à l’enseignement très ancien de la communauté des adeptes de vodou. Ces derniers avaient l’habitude de passer un long moment dans les couvents à étudier le passé des héros de leur famille ou de leurs collectivités d’où cette transmission intergénérationnelle jusqu’à nos jours.

Qui sommes nous ?

Je représente un groupe de jeunes étudiants de l’université Abomey-Calavi au Bénin qui s’est formé en 2006 autour des objectifs culture et histoire de notre pays. L’idée nous est venue dans un premier temps de documenter l’oralité  par écrit. Au cours de nos activités de recherches, nous avons constaté que les panégyriques claniques détiennent toujours l’histoire de vie des aïeux, des moments de célébrité et de déclin des royaumes, les affrontements et les noms et détails de vie de leurs progénitures victimes de l’esclavage.  Chaque famille détient sa partie de l’histoire au sujet de l’esclavage. Il a donc fallu aller à la rencontre des responsables de familles (griots, patriarches, reines mères, adeptes du vodou, etc.) Chemin faisant, nous avons regroupé toutes ces informations sous la forme d’une base de données que nous avons mise en ligne sur notre site internet. Actuellement, la base compte plusieurs milliers de noms et de détails fournis par ces personnes ressources qui sont les gages de la tradition. Nous avons décidé de faire confiance au fonctionnement traditionnel de la transmission orale et d’aller au bout d’un objectif de 10.000 noms. Cet objectif est presque atteint mais il n’est qu’un petit échantillon de ce qui peut se faire au niveau du Bénin dans la quête des détails relatifs à la mémoire et à l’histoire de l’esclavage. Nous avons maintenant acquis un savoir faire et un savoir être avec la population que nous pouvons utiliser désormais pour continuer la récolte de ces informations. Et pour parvenir à ce résultat, nous avons dû passer par de nombreuses difficultés que nous avons réussi à surmonter tant aux niveaux matériel, physique que psychologique.

Réalisation du projet sur le plan matériel

La mise en œuvre du recueil des données sur le terrain nous a demandé une organisation exceptionnelle d’abord au niveau matériel. Nous avons dans un premier temps élaboré un questionnaire unique de 27  questions que nous avons soumis à chaque personne interrogée (déclarant). Les réponses à ce questionnaire se sont avérées gourmandes en temps mais néanmoins nécessaire pour permettre au déclarant de se confier à fond. Nous avons du monter des équipes d’étudiants que nous avons formés et déplacés dans les villages ce qui demande une logistique bien étudiée. En effet, nous restions 2 à 3 semaines sur place avec l’accord des rois, des chefs de villages et autres personnes influentes. Il a été question de coût de transport, de nourriture, de prime aux stagiaires, d’eau potable, de couchage (tente de camping), de matériel de bureau et d’informatique, de clé de connexion internet, de groupe électrogène, de trouver de l’essence, sans parler de conditions météos souvent peu favorables, de conditions sanitaires difficiles avec les mouches, les moustiques, etc. Ensuite, il a fallu interpeller la population en payant le gongonneur (crieur public) et répondre quelques fois aux usages traditionnels de visites aux personnes âgées (boisson et fruit de Kola). Le rapprochement avec les personnes du troisième âge (griots, patriarches, reines mères, adeptes du vodoun, etc.) consiste à restituer les informations que chacun détient à son niveau selon les récits qui lui ont été transmis par ses aïeux. Cependant, cela n’est pas sans conséquences. En effet, nous verrons plus loin qu’une partie de la population est opposée à la révélation de ces détails de l’histoire.

Réalisation du projet et difficultés liées à la mémoire de l’esclavage

– Formation poussée des stagiaires, sur les notions de couvent du vodoun, des codes utilisés par les adeptes et dans le domaine de l’animisme au Bénin.

– Réserves des personnes ressources

– Sentiments négatifs entremêlés. Difficultés liées au matériel traumatique psychologique. Surmonter les craintes, la peur de se confier ou de communiquer des informations sensibles (tabou), afin d’éviter de raviver des tensions sociales. Nous rassurons les déclarants sur l’utilisation positive des informations qu’ils nous confient et nous signons une charte de confiance à ce sujet pour leur prouver que nous sommes très rattachés à leurs consciences.

Urgence

Pour nous, plus le temps passe, plus la mémoire de l’esclavage se perd. Le décès des vieillards entraîne une perte d’une partie de la mémoire de l’esclavage, puisque c’est l’oralité qui porte seule la mémoire de l’histoire familiale africaine.

Nous regrettons de ne pas avoir suffisamment de moyens pour mener cette enquête à plus grande échelle  et couvrir toutes les campagnes du Bénin et de sa région. J’en profite pour solliciter les partenariats d’une part et la collaboration d’un ou des doctorants en histoire de l’esclavage qui pourront utiliser la base de données des « Dahoméens déportés en esclavage » d’autre part.

Patrimonialisation

Le passage de la mémoire dahoméenne, en tant que souvenir douloureux, à la patrimonialisation, signifie abandonner les sentiments négatifs (honte, haine, etc. de voir sa collectivité ou ethnie dépeuplée par telle ou telle autre ethnie, ou encore l’exploitation interraciale internationale qui a eu lieu à travers le commerce triangulaire) liés au traumatisme toujours vivace dans la population et aller vers une intellectualisation apte à apaiser la tension sociale à ce sujet. Parvenir au passage du local au global demandera du temps. Car l’élargissement des enquêtes de collecte des victimes africaines pour l’accroissement de la base de données au plan national et international serait indispensable pour valider la patrimonialisation du souvenir et de l’histoire de l’esclavage au Bénin et par extension dans le monde. La principale difficulté réside dans les sentiments douloureux qui empêchent les familles africaines de livrer leur petit bout d’histoire, qu’ils considèrent comme une partie intime et secrète d’eux-mêmes, à un dessein plus grand. La patrimonialisation du souvenir et de l’histoire de l’esclavage doit forcément passer par le pardon local mais non par l’oubli.

Ne serait-il pas important d’étudier à ce stade les concepts de vie des Dahoméens déportés en esclavage ? Au fond, qui étaient ces gens ?

Concepts de vie des Dahoméens déportés en esclavage

La base de données nous permet d’avoir un aperçu d’un groupe dont nous pourrions dégager certains aspects. Qui étaient ces gens déportés ? Nous pouvons répondre sur les plans ethnique, religieux, culturels, professionnels, philosophie de vie (relation entre eux, relations avec la Nature, les croyances et autres concepts, notamment surnaturels etc. enseignés dans les couvents dès l’âge de 5 ans jusqu’à 12 ans environ). L’immense majorité des déportés Dahoméens étaient porteurs de toutes ces connaissances et de ces cultures. La distance ne les empêchait pas d’envoyer des messages à leurs parents au pays natal à travers la terre en martelant sol. Nous avons un très bel exemple, le cas des Ibos décrits par le Chevalier de Fréminville en 1822 à Fort-Royal ou Fort de France. Je cite le Chevalier :

« En attendant que la santé des Ibos de l’Amélie leur permettent d’effectuer ces durs travaux, on pouvait les voir, sur le quai de la « rivière à Madame », danser au son de leurs instruments », dit-il dans son journal au soir du 12 juillet 1822.

« … je fus ensuite me promener sur le rivage dans une anse de sable au pied de la colline sur laquelle est bâtie la maison de campagne du Gouverneur…En revenant et passant sur le quai de la ville, je m’amusai longtemps à considérer les danses extraordinaires de plusieurs nègres récemment arrivés d’Afrique. Ils avaient été pris par la corvette du Roi la Sapho, sur un bâtiment qui avait été faire frauduleusement la traite au vieux calabar dans le royaume de Bénin. M. de la salle d’Halader, commandant de la sapho, ayant saisi ce bâtiment, l’avait conduit avec tous ces nègres au Fort-Royal où le tout avait été confisqué et les nègres déclarés libres, mais destinés aux  travaux du Gouverneur dans la colonie. Il y en avait une centaine, tant hommes que femmes. Ils étaient logés et nourris tous ensemble dans une grande maison sur le quai près le boulevard Donzelot. Chaque soir, ces malheureux se réunissaient après leur ouvrage pour rappeler par leur danse nationale les souvenirs de leurs pays natal. Cette fois, je me trouvai sur le lieux au moment où ils se livraient à leur exercice favori. Les hommes et les femmes dansaient séparément et, dans la danse des femmes, il n’y en avait qu’une seule qui agissait. C’était toujours une des plus jeunes. Une grande négresse chantait en battant nonchalamment la mesure avec les mains. Les autres, rangées en cercle, battaient pareillement la mesure qui était assez lente. »

Cette description est très parlante pour nous au Bénin. Tout d’abord, ces Ibos sont de religion Odoudoua et les deux sortes de rythme des mains formulent les beats de la musique chinckounmè ou Avizinlin jouée au Bénin lors des obsèques.

C’est bien une manière pour ces Ibos de rendre hommage aux leurs décédés au cours de la longue traversée de l’Atlantique. C’est aussi l’attachement de l’Africain à ses défunts.

« La danseuse, placée au centre du cercle, trépignait en faisant mille contorsions et prenant mille postures bizarres, tantôt debout, tantôt à quatre pieds. Quand elle est fatiguée une autre la remplaçait. La chanteuse fut constamment la même et je lui entendis chanter successivement plusieurs airs différents. La musique en était triste et il y avait des refrains très fréquents. Comme les paroles étaient dans la langue naturelle des nègres de Bénin, je n’en pouvais comprendre un mot. Cependant, aux gestes de la danseuse, il me sembla que la finesse de sa pantomine consistait à imiter ceux de différentes espèces d’animaux. Ce qui me parut le plus singulier était la gravité et le sérieux de toutes les actrices de ce bal africain et le flegme avec lequel elles battaient leurs mains l’une contre l’autre et ne paraissant éprouver ni gaîté, ni plaisir. »

« La danse des hommes était fort différente quoiqu’ayant aussi le même caractère sérieux. Ils marchaient en rond à la file l’un de l’autre sans faire aucun geste bien remarquable. Au centre étaient les musiciens au nombre de sept. L’un tirait de temps à autre quelques sons d’une espèce de flageolet de bambou. Les autres frappaient des coups mesurés avec de vieux morceaux de ferrailles ou des fragments de pots cassés qu’ils heurtaient l’un contre l’autre. A une certaine intonation de flageolet, tous les danseurs se mettaient à quatre pieds et frappaient la terre avec leurs mains. »

C’est-à-dire que ces Ibos, tout en manifestant leur haine, envoient des messages de colère contre les responsables de leur situation au pays natal à travers la terre. Et cela dénote de la formation qu’ils ont reçue au couvent sur le fonctionnement surnaturel du sol et les pactes qui les relient à leurs terres natales. En retour, ils sont soutenus par leur famille à travers des prières et des sacrifices comme le Ahouangou et le Togö dans certains royaumes du Bénin. Les différentes étapes du rite Ahouangou dans les royaumes de Djigbé et Ké  participent aux renforcements d’énergie physique chez les filles et fils du Bénin déportés tandis que celles du Togö dans le royaume de Wémè permettent l’enlèvement de deuil des filles et fils du Bénin morts en esclavage. Toutes ces manifestations se résument à invoquer la colère de la nature contre leur maître. Je vous invite à suivre un extrait des rythme de feu l’artiste Koumangnon Amagnon sur la colère des africains contre l’esclavage :

MUSIQUE KOUMANGNON AMANGNON

« Ils se relevaient ensuite et continuaient leur procession d’un air aussi mélancolique que s’ils eussent été à des funérailles.

Tous les nègres étaient tatoués de différentes manières. »

Nous aurions pu préciser de quelle famille, de quelle classe et à quel rang appartiennent chaque Ibos vus par le Chevalier de Fréminville, si ce dernier avait décris avec précision les incisions et les tatouages. Mais il est indispensable de prouver que les Tatouages dans la tradition vodoun permettent de distingués le rang social, l’appartenance ethnique et la performance guerrière de chaque adeptes, car, les couvents de vodou étaient en même temps au service des rois et de la culture.

« Plusieurs s’étaient fait sur le visage des cicatrices qui leur donnaient une figure horrible. Ils n’avaient ni la haute stature ni les belles proportions des Yoloffes que nous avions vus au Cap-Vert. Ils étaient aussi beaucoup moins noirs quoi qu’ils vînssent d’un pays situé presque sous la ligne… ».

Conclusion

 La poursuite des enquêtes de collecte des Dahoméens victimes de l’esclavage s’inscrit parfaitement dans le processus de patrimonialisation du souvenir de l’histoire de l’esclavage. Même s’il n’est pas simple à cause du ressentiment général, le passage du local au global, nous permettra d’apporter de nouveaux points de vues. L’exemple des Ibos observés par le chevalier de Fréminville démontre que le regard culturel africain complète le point de vue purement descriptif de l’observateur occidental. Les danses et les chants des Ibos prennent alors tout leur sens et il serait profitable de confronter les archives occidentales aux réalités que traduit la base de données qui est en cours d’accouchement par l’oralité africaine. Tout faire pour prendre en compte la toute petite partie de l’histoire de chaque famille africaine qui apporte  sa pierre à l’histoire globale de l’esclavage paraît indispensable au projet de la patrimonialisation.

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