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Culture & histoire 19 août 2018 · par Bernard Dossa

Les descendants de Shango Odoudoua célèbrent leurs retrouvailles

Les collectivités claniques des « Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié » du Bénin et du Togo, en coopération avec des patriarches de leurs origines nigérianes, célèbrent leurs grandes retrouvailles inter-claniques.

Les descendants de Shango Odoudoua : origines de la rencontre

Cette rencontre est la suite favorable d’un projet de recherche scientifique et de fouilles archéologiques lancé en août 2014 par le Groupe Universitaire de Recherche en Histoire et Culture du Bénin (ONG Symbole de l’Amitié), sur la généalogie de l’esclave « Djigbénou », l’un des descendants de ce clan parti en esclavage.

Grâce à ce projet — qui a, il y a quatre ans, mobilisé des patriarches consultés au sujet de l’ancêtre Djigbénou esclavagisé —, les descendants de Shango Odoudoua d’Oyö et d’Ilé-Ifê poursuivent eux-mêmes la construction de l’arbre généalogique et l’histoire de leurs ancêtres éparpillés dans le monde, et en Afrique de l’Ouest en particulier.

Retrouvailles claniques, divinité Shango
Le tissu retenu pour la rencontre porte la légende imprimée de la divinité Shango (Xêfiosso), image principale de l’événement.

Thème des retrouvailles

Du 30 août au 2 septembre 2018, filles, fils et sympathisants des Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié du Bénin, du Togo et du Nigéria se sont donné rendez-vous au stade municipal de Dangbo (Bénin). Selon Étienne Soton, président du comité de pilotage provisoire, le thème de cette première édition était : « Djigbé-Sokonnou-Agbalinou-Agaïtö-Guêdêvié, sois fier de tes origines claniques » — pour rendre hommage aux ancêtres fondateurs et aux dieux protecteurs du clan.

Montée du drapeau de la divinité Shango (Xêfiosso) lors des retrouvailles claniques
Drapeau de Shango (Xêfiosso) dressé au-dessus du couvent au Bénin

Quelques notions de culture et d’histoire

À l’instar d’autres clans originaires d’Ilé-Ifê (ancienne province d’Oyö), les Djigbé-Sokonnou-Agaïtö-Guêdêvié font partie des migrants qui ont participé à la croissance démographique du sud de l’Oba-danhomey (Dahomey) entre les XIIIe et XVe siècles. Proches de la lignée des Ibos, on les distingue par leur taille moyenne (souvent au-dessus d’1,70 m) et surtout par leur attachement aux cultes des ancêtres — caractère qui a valu à leur tribu le surnom de Hunnou ou Hun.

En langues gun, fon, tori, toffin, mina et xla du Bénin et du Togo, le mot Hunnou a pour radical Hun : vodoun, libation, sacrifice et adoration. À ce clan appartiennent aussi les collectivités des Sëtönou et des Alaïvinou, qui font la fierté de la cité historique de Ouidah en matière de cultes endogènes.

Grands maîtres de cultes, les descendants de cette collectivité ont joué un rôle prépondérant dans les civilisations religieuses qui ont dominé l’aire Adja-Tado, Ké, Hun et Öyö (Bénin, Togo, Nigéria) du XVIe au XIXe siècle. Dans la plupart des royaumes traditionnels, ils constituent la majorité des conseils de chefferies, avec des fonctions de distinction, d’admission au couvent, d’intronisation et de sécurisation du pouvoir royal. Après de longues années de turbulence, le moment était venu pour eux de se reconstituer en une seule famille — quatre jours de prières, d’hommages, de chants, de danses et de conférences-débats.

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